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Le JPB > Pays Basque 2006-09-15
La question des prisonniers doit être abordée pour débloquer le processus selon Askatasuna
·L’association appelle à manifester samedi, en soutien à Iñaki de Juana Chaos, en grève de la faim depuis le 7 août

La question des prisonniers doit être à l’ordre du jour politique du gouvernement espagnol afin de l’aborder et "de débloquer le processus" de paix. L’association Askatasuna a ainsi répondu à la vice-présidente de l’exécutif socialiste, María Teresa Fernández de la Vega, qui avait déclaré que "le rapprochement des détenus basques n’est actuellement pas à l’ordre du jour" [lire notre édition du mardi 12 septembre].

Askatasuna a réclamé des socialistes d’ "arrêter l’hypocrisie", de "débloquer le processus" et de "changer de politique" concernant la situation du Collectif des prisonniers politiques basques, formés par quelques 700 prisonniers basques détenus en France et en Espagne, la grande majorité à des centaines de kilomètres du Pays Basque.

L’association de défense des droits des détenus a soulevé le cas d’Iñaki de Juana Chaos, en grève de la faim depuis le 7 août dernier il rentre aujourd’hui dans son 40e jour de jeune pour réclamer sa mise en liberté [lire notre édition du samedi 9 septembre]. "La famille est très préoccupée pour sa santé. Il a perdu plus de 15 kilos", a rapporté Askatasuna. Selon cette association, le cas de prisonnier n’est pas isolé et "montre quelle est la stratégie employée par les Etats français et espagnol: utiliser les prisonniers comme monnaie d’échange politique". Aux côtés de la dispersion, Askatasuna a évoqué d’autres mesures de répression pénitentiaire, tels que l’allongement des peines aux détenus qui sont sur le point d’être remis en liberté. C’est le cas d’Iñaki de Juana Chaos, mis en examen pour un délit présumé de menaces à la suite de la publication de deux tribunes d’opinion. C’est le cas aussi du bayonnais Unai Parot, pour lequel le Tribunal suprême a émis un verdict qui fait jurisprudence concernant les détenus condamnés sur la base l’ancien Code pénal espagnol. Selon la plus haute instance judiciaire espagnole, les remises de peines doivent être désormais appliquées sur chaque jugement et non pas sur le total cumulé des peines, lequel est fixé à un maximum de 30 ans selon l’ancien code (40 ans selon le nouveau code approuvé par le gouvernement de la droite). Cette nouvelle interprétation de la réglementation pénale, baptisée "doctrine Parot", force dans la pratique l’accomplissement intégral du cumul des peines, soit 30 ans.

Manifestation samedi à Bayonne

Malgré un contexte de processus de paix, Paris et Madrid n’offrent aux prisonniers basques que la "prison à vie ou la mort", dénonce Askatasuna, pour qui "seule la mobilisation sociale pourra faire changer d’avis les Etats français et espagnol". "On ne peut pas rester les bras croisés alors que la conjoncture politique qui a créé autant d’espoir est en train de pourrir; on ne peut pas se permettre de prolonger la situation d’Iñaki de Juana Chaos; on ne peut pas laisser dans leur situation d’otage les prisonniers qui, se trouvant en fin de peine ou gravement malades, devraient être déjà remis en liberté".

Askatasuna a appelé dans ce sens à participer aux manifestations organisées samedi à Vitoria-Gasteiz, Donostia, Bilbo, Iruñea-Pampelune et Bayonne par le mouvement pour l’Amnistie. Le rendez-vous bayonnais est fixé à 17h00, place des Basques.

Le comité FILIPE ASKA s’est joint à cet appel à manifester. "Alors que le peuple basque met tout en ¦uvre pour créer les conditions permettant de trouver une solution politique au conflit et d’aboutir ainsi à une paix durable, il est inacceptable que les Etats espagnol et français poursuivent leur politique répressive", critique le comité de soutien au baigorriar Filipe Bidart. "Nous ne pouvons laisser le climat politique se dégrader ainsi; le soutien de tous est indispensable".

Abertzaleen Batasuna se joint à l’appel pour la manifestation. AB condamne l’attitude du PSOE et du Gouvernement espagnol, "qui bloquent le processus de paix et ne réalisent pas le minimum attendu : le rapprochement des prisonniers et la légalisation de Batasuna". "Ils n’ont pas le droit de gâcher les espoirs de paix en Pays Basque", ajoute AB.


 
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