Argentine et Espagne ont marqué les esprits hier à Saitama en surclassant respectivement la Turquie (83-58) et la Lituanie (86-67) et s’affronteront vendredi en demi-finale des championnats du monde de basket. En attendant les deux autres quarts de finale qui se disputeront aujourd’hui, les deux sélections ont démontré des qualités dignes d’un champion du monde.
Comme les Ibères, les champions olympiques ont survolé leur quart de finale en s’appuyant sur une adresse phénoménale, approchant les 60% à la fin du troisième quart-temps. Si cette moyenne a légèrement chuté sur la fin, c’est que la rencontre était pliée depuis bien longtemps, ce qui a permis au sélectionneur argentin Sergio Hernandez de faire souffler ses vedettes. Ginobili (ex-Tau) n’a ainsi joué que seize petites minutes, tout comme Nocioni (ex-Tau, dix-huit), qui a quand même réussi à inscrire 21 points (à 8 sur 10 aux tirs !) pendant ce laps de temps très court. Au total, aucun joueur argentin n’a joué plus de 23 minutes. "On s’attendait à un match plus difficile, a déclaré le sélectionneur argentin Sergio Hernandez. On a réussi à se procurer de bonnes positions de tir et donc à avoir des paniers faciles. ça a été notre meilleur match dans ce Mondial".
Avant les deux derniers quarts de finale (France-Grèce et Etats-Unis-Allemagne) aujourd’hui, la première moitié de tableau a ainsi abouti au choc que tout le monde attendait entre Argentine et Espagne.
Impossible de dégager un favori pour cette rencontre, les deux équipes ayant outrageusement dominé tous les adversaires qu'on leur a proposés jusque-là dans ce Mondial. "On possède un jeu similaire avec des joueurs intelligents, a estimé Sergio Hernandez. Je pense que ça va être un match superbe car personne ne peut dire qui va l'emporter".
L’Argentine aura l’avantage de l’expérience, dix des douze joueurs présents au Japon ayant participé à la conquête de l’or olympique en 2004 à Athènes.
Cette génération dorée n’a rien perdu de son appétit, motivée à l’idée de remporter le dernier titre qui lui manque, après avoir échoué d’un rien en finale du Mondial-2002.
Mais l’Espagne aussi possède ses atouts, après avoir battu l’Argentine deux fois sur deux en préparation. Après avoir fini dans les cinq premières places lors des cinq dernières grandes compétitions, la "Seleccion" ne semble jamais avoir été si proche de décrocher sa première médaille dans un Championnat du monde. "Celui qui voudra nous battre devra être à la hauteur physiquement et avoir une bonne adresse, a averti le sélectionneur Pepu Hernandez hier. Nous sommes prêts à jouer une équipe comme l’Argentine. Peut-être qu’ils vont réussir à nous battre mais je pense que ce sera compliqué".