Salué par la critique, World Trade Center attend le verdict public
World Trade Center, première adaptation hollywoodienne de la tragédie new-yorkaise, sera sur nos écrans le 20 septembre.Aux États-Unis, le film sur le 11 septembre, est sorti au début du mois d’août, et ses producteurs espèrent bien attirer un public très large. Le film catastrophe d’Oliver Stone, qui raconte la miraculeuse survie de deux policiers dépêchés dans les tours jumelles après les attentats, a été généralement salué par la critique, élogieuse, comme le New York Post, devant "une ¦uvre inspirée". "Aucun autre réalisateur américain ne peut passer aussi rapidement de l’intime à l’épique, remplissant même les moments tranquilles de la plus vive émotion", souligne le journal. Le Post vante son "¦uvre la plus grand public, depuis Platoon et Wall Street dans les années 80". Stone, qui pour ce film a réfréné son goût pour la polémique politique, a pour l’occasion même eu droit aux louanges d’observateurs conservateurs. Le réalisateur n’a eu de cesse d’ailleurs de souligner le caractère rassembleur du film : "C’est une évocation de l’héroïsme dans notre pays -tout en étant international dans son humanité", disait-il à l’annonce du projet.
Sujet sensible
Devant la sensibilité du sujet, les studios Paramount se sont aussi entourés de précautions, maintenant le tournage loin de New York, à Los Angeles, multipliant les projections pour les secouristes et familles de disparus, promettant une part des recettes à des associations de victimes. Pour Gitesh Pandya, expert de l’industrie du cinéma, le film, qui a coûté 60 millions de dollars, devrait réaliser d’honnêtes recettes. "Il est bien fait, et très réconfortant, vu la tragique histoire qu’il raconte", dit-il. "Beaucoup de gens ne voudront pas le voir, mais il y a aussi une certaine curiosité, en particulier hors de New York, de gens qui voudraient voir une histoire de héros". Selon lui, "s’il n’est pas numéro 1, il pourrait bien être un bon numéro 2 au box-office", alors que le film n’a guère de concurrents en cette période creuse. Sorti au printemps, le premier film sur le 11-Septembre, Vol 93, consacré au sort de l’avion tombé en Pennsylvanie, avait recueilli de modestes recettes, 31 millions de dollars pour un petit budget de 15M. "World Trade Center a plus d’attrait commercial", souligne M. Pandya. "Paramount a choisi un réalisateur oscarisé, un acteur oscarisé. Nicolas Cage est connu, cela attirera".
Familles de victimes
Du côté des familles de victimes et des New-Yorkais, les avis sont partagés, beaucoup croient que "c’est trop tôt". "Les habitants du Kansas ne ressentent pas la même chose que nous à New York", relève Mary Fetchet, mère d’un jeune homme tué dans les tours et fondatrice de l’association "Voices of September 11". Pour elle cependant, "il est important que l’histoire soit racontée". A la sortie d’un cinéma sur Union Square, les avis étaient plutôt positifs. "Je voulais voir comment Hollywood s’y prendrait, pour les effets spéciaux, l’émotion", explique Matt Schottland, un jeune écrivain. "C’est un portrait honnête et émouvant". Irma Munoz, enseignante, dit avoir beaucoup pleuré : "C’est un autre aspect de l’histoire. C’est bon de voir que certains en sont revenus". Pour Filiberto Coatl, serveur, "c’était bien, mais un peu trop fort. J’étais là il y a 5 ans". Dans la ville, d’autres en profiteront aussi pour s’exprimer : plusieurs groupes devaient distribuer mercredi soir devant un cinéma des tracts évoquant les troubles de santé dont souffrent aujourd’hui certains secouristes du 11-Septembre. Les spectateurs seront invités à signer une carte appelant le maire à intervenir en leur faveur, explique Suzanne Mattei, de l’organisation Sierra Club : "World Trade Center est un des premiers projecteurs médiatiques braqués sur les personnes intervenues après les attentats. (Leur action) était extraordinaire, mais maintenant ces gens ont besoin de notre aide".
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