Seaska : une nouvelle ikastola à Baigorri et l’attente d’engagements forts
La bonne étoile veille sur Jon et ses petits camarades. A l’ombre de l’ancien restaurant Izarra, les douze élèves de la toute nouvelle ikastola de Baigorri ne semblent pas traumatisés en cette journée de rentrée scolaire. Ballon, toboggan et balançoires y sont sans doute pour quelque chose. En début de matinée, ils ont donné vie à la vingt-et-unième ikastola du Pays Basque nord. A l’heure où les villages perdent leur école, l’enseignement par immersion ouvre de nouvelles sections même en zone rurale. Il compte cette année encore 90 élèves de plus (+5%), soit 2263 au total.Dans le cas de Baigorri, l’ouverture de la maternelle a permis de drainer une partie des effectifs de l’ikastola d’Ossès qui comptait 95 élèves en fin d’année dernière pour des locaux prévus à l’origine pour une soixantaine. L’ikastola de Baigorri, qui a nécessité 75000¤ de travaux pour 180m2, a vocation à rester une maternelle, les élèves gagnant ensuite Ossès. "Nous continuons sur notre voie qui est celle de la récupération linguistique par la création de nouvelles ikastola, mais ce n’est jamais assez", a commenté de son côté Isabelle Charritton, présidente de Seaska. "Nous pourrions ouvrir davantage d’ikastola mais nous n’avons pas aujourd’hui les moyens adéquats pour pouvoir assurer cette offre", a-t-elle ajouté. La présidente de Seaska a assuré que l’offre génère la demande. Elle a rappelé que les résultats de l’enquête de l’Institut CSA sur la demande d’enseignement bilingue sur le BAB avaient conclu à la nécessité de deux ikastola sur ce territoire. "Or nous en avons quatre, qui fonctionnent très bien. C’est bien la preuve que quand on propose, les gens répondent", a-t-elle affirmé. Seaska a appelé l’Office Public de la Langue Basque à "s’engager fortement" dans le développement de l’enseignement par immersion. La fédération a une nouvelle fois comparé l’aide publique qui lui est versée (95000 euros) et "qui n’a pas augmenté depuis 10 ans", à celle octroyée aux Diwan, les écoles immersives bretonnes, par les conseils général et régional locaux : 1,3 million d’euros "pour seulement 500 élèves de plus".
Négociations à suivre
"Le financement du million d’euros de budget de Seaska, qui permet tout le suivi pédagogique et linguistique des ikastola, est encore assuré à 70% par les parents d’élèves alors que la scolarisation en Diwan est gratuite pour les petits Bretons", a fait remarquer Isabelle Charritton.Elle a par ailleurs rappelé que "pour assurer une rentrée sereine", la fédération a décidé pour la première fois de financer elle-même deux postes d’enseignants face à la "dégradation manifeste des moyens accordés par l’Education nationale". Une négociation est d’ailleurs ouverte entre Seaska et l’Inspection académique en vue de la signature d’un accord portant sur la définition de critères communs pour évaluer les besoins en postes d’enseignement. Une première réunion a eu lieu le 7 juillet dernier. "Elle s’est bien passée. Aucun désaccord n’est apparu sur la définition des principes pédagogiques de l’enseignement par immersion. En septembre (le 14), on parlera critères et méthodes d’évaluation des besoins en postes. Là on va voir ce qui se passe", a commenté la présidente de Seaska. Elle a regretté que l’Office Public, qui a réalisé un travail technique en préalable de cette négociation, ne veuille pas y participer.
|