Quelques soucis d´effectifs lors de la rentrée du premier degré
·A Bidart des parents protestent contre la non-création d’une classe supplémentaire alors que les effectifs explosent
Les écoles maternelles et élémentaires du Pays Basque ont fait hier leur rentrée des classes. Privilège des petits, ils effectuent dorénavant une rentrée anticipée afin de pouvoir bénéficier de la semaine de quatre jours. Les collèges et les lycées connaîtront, quant à eux leur premier jour de classe le 4 septembre, lundi prochain, avec une pré-rentrée pour les enseignants dès vendredi. Si au niveau hexagonal la semaine des quatre jours n’a qu’un relatif succès, au Pays Basque c’est l’ensemble des communes qui a adopté ce système.Au premier abord, cette rentrée 2006 ne paraît pas avoir posé de problème particulier dans les écoles du Pays Basque. Tous les enfants ont pu sagement découvrir leur nouvelle classe et revoir leurs copains d’école. Les discussions des élèves avant de rentrer en classe avaient encore un goût de vacances, laissant pour un moment les préoccupations scolaires et les premiers devoirs de côté. Pour les principaux syndicats dont la FCPE, il était encore trop tôt pour tirer des enseignements de cette rentrée en Pays Basque. Cependant pour certains directeurs d’école, instituteurs et parents d’élèves, cette rentrée fut moins calme.
L’école de Bidart occupée
Exemple du côté de l’école élémentaire de Bidart ou un rassemblement des parents d’élèves avait été organisé hier pour protester contre la non-ouverture d’une classe supplémentaire alors que les effectifs sont en hausse constante. Florence Poeyusan l’une des responsables des parents d’élèves explique, "les prévisions de l’Académie en décembre dernier donnaient 233 élèves pour l’école de Bidart, ce qui a priori ne justifiait pas l’ouverture d’une classe supplémentaire. Cependant, vu le développement de Bidart, il est bien évident que l’on pouvait s’attendre à un nombre d’élèves plus élevé. En fin d’année scolaire, en juin, selon nos propres calculs, le nombre d’élèves devait avoisiner les 246 pour cette rentrée. En plus, matériellement, il y a la place à Bidart pour accueillir une classe de plus, car il y a une salle de libre. Ce n’est donc qu’un problème d’affectation d’un instituteur supplémentaire." Le chiffre officiel concernant les effectifs devait être officialisé dans la matinée, après le déplacement d’une inspectrice académique à Bidart pour compter le nombre réel d’élèves présents, "preuve que l’inspection académique se doutait de quelque chose", ajoute Florence. Résultat : "j’ai compté aujourd’hui 245 élèves auxquels il faut ajouter quatre élèves excusés qui n’étaient pas présents. La moyenne par classe est de 27,2 élèves, alors que la moyenne nationale est de 26,5. Je vais faire part immédiatement de ce résultat à l’inspection académique qui devrait prendre une décision dans la soirée si elle considère urgente la situation. Sinon il faudra attendre le 7 septembre et la réunion d’Académie", a annoncé en milieu de matinée l’inspectrice, à la trentaine de parents présents dans la cour.
Espoir de courte durée
Des parents qui semblaient soulagés après cette annonce, car on pouvait alors croire qu’une résolution du problème interviendrait rapidement. Cependant, les parents décidaient quand même de faire évacuer les classes pour empêcher le bon déroulement des cours, dans l’attente d’une réponse officielle à leur demande. Parents et élèves s’installèrent alors dans la cour de l’école en signe de protestation. Dans l’après-midi, après avoir tenté plusieurs fois de rentrer en contact avec l’inspectrice, Florence Poeyusan devait apprendre que, "l’Académie ne prendrait pas de décision avant vendredi matin au plus tôt." Information confirmée par l’inspection académique. La suite des événements pour Florence et les autres parents devait alors prendre une nouvelle tournure, "demain il n’y a pas de classe, mais jeudi, lors de la reprise des cours nous allons continuer le mouvement, jusqu’à ce qu’une classe supplémentaire soit ouverte. Nous continuerons le mouvement dans l’intérêt de nos enfants, pour qu’ils puissent étudier dans de bonnes conditions." Semaine de quatre jours ou pas, les enfants de Bidart ne devraient assister à leur vraie première classe de la rentrée 2006 que la semaine prochaine. À quelques kilomètres de là, du côté de l’école primaire du Reptou de Biarritz le directeur de l’école, M. Defrance, devait refuser une douzaine d’élèves pour cette rentrée. "Nous avons des classes entre 27 et 29 élèves ce qui est déjà beaucoup. Et pour la qualité de l’enseignement, je ne veux pas que les classes soient surchargées. Les élèves dont nous avons refusé l’inscription sont réorientés vers d’autres établissements de Biarritz". Une grande partie de ces élèves était redirigée vers l’école Duruy qui les a acceptés.
Le privé plus calme
Dans le privé, la situation paraissait un peu plus calme, même si là aussi on s’accordait à dire qu’il était un peu trop tôt pour analyser la rentrée 2006. Ce que confirme Hélène Chotro, enseignante du premier degré à Mouguerre, et représentante CFDT pour les enseignants du privé, "il n’y a pas de problème particulier dans le privé, mais c’est encore bien tôt pour tirer les conclusions de cette rentrée. Sinon, nous sommes confrontés aux mêmes problèmes que dans le public, étant donné que nous sommes en contrat avec l’éducation nationale et que nous acceptons tous les enfants comme dans le public. Il n’y a pas de critères de sélection parce que nous sommes des établissements privés. Nous pouvons aussi avoir des problèmes de sureffectif. Cependant dans le privé, l’inspecteur académique ne prend aucun risque de voir un nombre insuffisant d’instits pour la rentrée, étant donné que nous ne pouvons pas avoir d’affectation de dernière minute. Dans le public, avec la garantie de l’emploi, l’Académie a un réservoir de remplaçants disponibles immédiatement, et il se peut qu’elle attende le dernier moment pour décider d’une ouverture de poste.""Nous serons aux côtés des élèves
sans-papiers"
L’enfant a effectué sa rentrée hier dans la région paloise en dépit du rejet de sa demande de régularisation. Viendra-t-on le chercher à l’écolepour le reconduire ? "Nous serons à leurs côtés" a averti hier Jean-Pierre Voisin du Réseau Education Sans Frontières, qui rappelle que le ministre de l’Intérieur avait pris une précédente circulaire valide jusqu’au 1er juillet justement pour empêcher ce cas de figure. Cette famille, dont la demande a été rejetée, fait partie de 12 dossiers soutenus par RESF 64 parmi les 17 qui ont été déposés (JPB du 17 août) en Préfecture, pour réclamer leur régularisation d’après la circulaire Sarkozy du 13 juin. "Nous RESF, ferons le maximum pour qu’il y ait le moins de déçus possible; nous voulons que tous les enfants concernés fassent la rentrée scolaire" a précisé J.-P.Voisin, également de la Ligue des droits de l’Homme. A ce jour cinq dossiers auraient été traités par l’administration: 2 régularisations dont la famille Kirimov, 2 résolutions hors circulaire, et un rejet avec injonction à quitter le territoire. Aucune demande de régularisation n’émane du Pays Basque selon les représentants des associations FCPE, LDH et Cimade qui intègrent le Réseau la jeune Chinoise scolarisée au Guichot et parrainée au Boucau ne rentrait pas dans les critères de la circulaire. La préfecture se refuse pour l’instant à communiquer sur le sujet. Le préfet Marc Cabane fait sa rentrée aujourd’hui et a donné rendez-vous au RESF 64 le vendredi 1er septembre. Néanmoins, il se peut que dans les cinq autres dossiers de régularisation de familles de sans-papiers ayant des enfants scolarisés, certaines résident en Pays Basque. Une militante de la Cimade signale qu’une trentaine de familles de sans-papiers sont suivies par son association, quand le responsable de la LDH de Bayonne estime à une poignée celles qui scolariseraient leurs enfants et pour lesquelles une mobilisation concrète pourrait s’organiser pour empêcher leur reconduite à la frontière. Jean-Claude Soudre de la FCPE souligne ainsi la "formidable solidarité" qui s’est mise en place entre parents, enseignants à travers ce réseau depuis novembre. Et d’expliquer, en citant la plateforme, qu’il est "inconcevable d’imaginer nos élèves, les copains de nos enfants, menottés, entravés, bâillonnés et scotchés à leur siège d’avion pendant que leurs camarades étudieraient paisiblement Eluard (Œj’écris ton nom, Liberté’) ou Du Bellay (ŒFrance mère des arts des armes et des lois’)". J.-C.Soudre indique que "ce nouveau type d’association", a eu de nombreuses sollicitations et propositions du type Œs’il y a quelque chose, j’ai une grande maison’. RESF organise une assemblée générale le 14 septembre à 18h à la Bourse du travail de Bayonne. Pour sa part, l’avocate Laurence Hardouin, qui prend la suite de Jeanne Barthélémy à la présidence de la Cimade, a de nouveau dénoncé les "atteintes" contenues dans la nouvelle loi du séjour des étrangers (CESEDA) rendu encore plus restrictif. Elle cite pêle-mêle la suppression de la régularisation après 10 ans, un pointage au commissariat quotidien et non plus hebdomadaire pour les assignés à résidence, le "durcissement" du regroupement familial, des mariages,... Les décrets d’application de la loi distinguant une immigration qui serait "choisie ou subie", sont en attente de publication. Enfin, elle a souhaité alerter l’opinion sur la création du fichier "Eloi" par arrêté ministériel le 18 août. Il s’agit de ficher tous les étrangers objet de procédures d’éloignement, mais aussi les visiteurs aux centres de rétention, les hébergeurs des étrangers assignés à résidence,...
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