La nouvelle politique linguistique sera décisive pour la survie de l’euskara
·L’Office Public de la langue basque est chargé de préparer une nouvelle politique linguistique d’ici novembre
Le projet de territoire Pays Basque 2020 sera une nouvelle étape dans la structuration progressive d’une politique linguistique en faveur de la langue basque en Pays Basque nord. L’Office Public de la langue basque est chargé de préparer une nouvelle politique linguistique, qui aura pour mission de proposer des orientations et des axes de travail afin d’enrayer le déclin de la langue basque dans les trois provinces. Cette nouvelle étape sera décisive pour la survie de la langue basque.Max Brisson admet qu’aujourd’hui l’Office public de la langue basque qu’il préside, structure une politique publique notamment en matière d’offre d’enseignement, qui était considérée comme "la priorité des priorités" lors de la création de l’Office Public en 2005. "Mais ce que l’on fait n’assure pas encore la survie de la langue basque en Pays Basque de France. Il faut avoir l’honnêteté et la modestie de le dire. C’est justement là que réside le grand bémol de tout ce qui a été réalisé ces dernières années. On avance, mais aujourd’hui la transmission n’est pas assurée" souligne-t-il. Mais, grâce au travail entrepris, "des signes encourageants" apparaissent, qui laissent espérer la sauvegarde de l’euskara. D’où la mobilisation des acteurs associatifs et des élus. "La politique que nous mettrons en place devra assurer la pérennité et la transmission de la langue de ce territoire, aux générations futures" souligne l’élu Biarrot. "Nous avons reçu un patrimoine en héritage, et nous devons le transmettre" évoque-t-il en rappelant les notions de développement durable.
Pour novembre
À ce stade, l’Office Public n’a pas encore fini de mettre en forme le travail réalisé par les ateliers le premier semestre de cette année. La synthèse sera finalisée dans les prochains jours, et le Conseil d’Administration en débattra pour dégager une proposition sur laquelle le conseil consultatif émettra un avis. Le tout devra être fin prêt en octobre-novembre."On sera sur des domaines où l’on n’était pas. Nous souhaitons mettre en place une réelle politique linguistique, plus complète, face à ce qui était une ébauche. Nous avons vécu une période de transition, entre la Convention spécifique et le projet de territoire, qui a mis en place l’Office de la langue de manière transitoire. Aujourd’hui il nous faut fixer les orientations et les déclinaisons qui fixeront le travail des prochaines années". La petite enfance, la qualité de la langue, la transmission, les médias, les loisirs, la toponymie, l’édition... chacun des thèmes devra être traduit par des propositions opérationnelles. "J’espère que l’on pourra faire un travail de qualité afin d’obtenir les financements nécessaires pour les mener à bien" précise-t-il. "Le projet devra être en capacité de proposer, de négocier la jauge financière de la politique linguistique. Malgré les difficultés financières de l’Etat, j’ai des espérances que, la jauge de l’Office publique sera plus importante pour 2007-2010" dit-il, rappelant que l’existence légale du GIP est de cinq ans, allant jusqu’à 2010. Ensuite la structure devra être renouvelée, et les financements avec.
Financements
À ce stade, "il est difficile de donner des chiffres ou de mettre une barre" pour le futur financement. "Nous sommes dans une discussion entre partenaires. Toute augmentation de la contribution de l’un amènera l’augmentation de l’autre, nous devons donc discuter entre tous. Tout cela doit être mené ensemble" souligne-t-il."Le schéma d’aménagement était une charpente, maintenant nous allons vers un vrai projet de politique linguistique" ajoute le premier vice-président du Conseil Général. Max Brisson est confiant. "Aujourd’hui les mentalités ont évolué. Nous le faisons naturellement" insiste-t-il. Pour Max Brisson la pérennité de la langue basque est devenue une des priorités de ce territoire au même titre que les autres volets du projet de territoire" .
Rencontre à Donostia le 13 septembre
Parallèlement à l’élaboration de la politique linguistique en Pays Basque nord pour la prochaine décennie, une nouvelle convention est en discussion avec le Gouvernement de la Communauté Autonome Basque. Ce nouvel accord viendra remplacer la convention actuelle basée sur les dix points du volet linguistique du schéma d’aménagement adopté en 1997. La nouvelle mouture, touchera tous les champs d’application de la politique linguistique. Une réunion aura lieu le 13 septembre prochain à Donostia où les délégations guidées par Max Brisson et la ministre de l’Education du Gouvernement Basque, Miren Azkarate, devraient se rencontrer. Le projet de convention prévoit une convention partenariale avec un comité de pilotage mixte. Tous les financements du Pays Basque sud pour la politique linguistique en Pays Basque nord transiteront par le gouvernement et par la gestion de l’Office publique. L’accord qui sera signé d’ici à la fin de l’année prévoit un avenant financier, où le Gouvernement de Vitoria fixera le montant des aides qu’il compte offrir pour le développement de l’euskara en Pays Basque nord. Cette convention devra recevoir l’aval de l’Etat espagnol. Max Brisson souligne le rôle qu’a joué Miren Azkarate dans le partenariat mis en place. Les financements seront plus importants qu’aujourd’hui, et le financement plus partenarial et plus souple.
Udalbide
"J’ai dit clairement aux autorités politiques du Pays Basque sud que je trouvais gênant qu’au moment où nous structurons un système partenarial institutionnel ambitieux, une association d’essence politique, sans réaliser le même travail de structuration technique, entre dans les projets de politique linguistique" explique Max Brisson par rapport à l’action d’Udalbide. "Ils ont réglé cela à leur niveau et Miren Azkarate m’a confirmé qu’Udalbide n’interviendrait plus sur le champ linguistique en Pays Basque nord et que tout transiterait par cette convention, dans le cadre d’un partenariat institutionnel" souligne-t-il. "Il faut vivre cela de manière dépassionnée. On ne pouvait pas construire une politique linguistique institutionnelle exigeante pour les acteurs de la langue, et avoir à côté, des financements qui répondent davantage à des vues politiques partisanes. Je me réjouis que ce point de vue ait été entendu, compris et accepté politiquement par le Gouvernement Basque" souligne-t-il.Par ailleurs le volet immobilier des ikastola ne sera pas inclus dans la convention, puisque la loi l’interdit côté français. "La loi reste la loi. Cela n’empêchera pas le financement des projets immobiliers de Seaska par le Gouvernement Basque, puisque cela se fait tout à fait légalement" souligne le président de l’Office. "La qualité du partenariat que nous avons mis en place fait que tout ceci est réalisé de manière totalement transparente et que le Gouvernement autonome et Seaska nous informent sur tous ces projets" remarque-t-il..
11 nouveaux sites et 21 nouveaux postes en deux ans
Cette nouvelle rentrée enregistrera la création de 7 nouveaux sites d’enseignement en langue basque. Seaska ouvre une nouvelle ikastola à Baigorri, et l’enseignement public inaugure 6 nouvelles sections bilingues.Arbonne, Bidart, Guéthary et le RPI d’Amorots sont les quatre nouveaux sites déjà actés. A la prochaine commission paritaire, deux nouvelles ouvertures devraient être validées, la section bilingue maternelle à l’école Maligary à Bayonne et la section CP à l’école des Thermes Salines de Biarritz, qui offrira une suite aux enfants scolarisés dans la maternelle bilingue de l’école d’Alsace. L’Office Public tire plusieurs leçons de cette nouvelle expérience qu’il a menée de bout à bout. Si la demande sociale en matière de langue basque est avérée, il convient de structurer et d’organiser cette demande. Des réunions ont été organisées avec les directeurs d’école, parents, maires et inspection académique, des questionnaires ont été envoyés et les résultats ont été plus que positifs. Rien que sur Bayonne nord, 69 familles ont répondu positivement à la création de sections bilingues. Un élan qui s’est traduit par l’inscription de 15 enfants dans la section bilingue Maternelle à Maligary. Mais plus encore, le fait d’annoncer aux parents que la section bilingue ouvrirait réellement a fait que 8 enfants de plus sont inscrits en section bilingue. Dans les autres sections, ce même phénomène a pu être enregistré. D’après les questionnaires, 117 enfants devaient être inscrits dans ces 6 nouvelles sections, mais l’ouverture effective de ces sections a fait qu’au 10 juillet, ils étaient 131 à être inscrits dans ces nouvelles sections. Si à la rentrée 2004, il y avait 91 postes d’enseignants en langue basque dans le public, aujourd’hui ils sont au nombre de 106. Sur 145 sites, en revanche, aujourd’hui 55 offriront une section bilingue (38%), contre 45 en 2004 (31%). Dans la filière bilingue privée, la progression en postes est également palpable, avec la création de 5 demi-postes et des discussions sont en cours afin d’ouvrir de nouveaux sites en 2007. Aujourd’hui 23 sites sur 55 offrent des cours en langue basque (42%). Toutes filières confondues, la langue basque sera enseignée dans 99 sites en Pays Basque nord contre 88 en 2004. En nombre d’emplois, cela représentera 247 postes à temps plein d’enseignants en langue basque, soit 21 postes de plus qu’en 2004. Fort de ces premiers résultats, l’Office Public compte jouer pleinement son rôle en tant que "facilitateur" ou intermédiaire entre les parents, les écoles, les communes et l’Education nationale afin que de nouvelles sections puissent voir le jour. "Quand on aura obtenu une carte cohérente sur tout le territoire, les effectifs vont nettement augmenter dans le primaire comme dans le secondaire" souligne Max Brisson, qui fixe comme objectif prioritaire la zone du BAB.
Une rentrée qui fera date
Contrairement aux années précédentes, cette rentrée 2006 devrait être apaisée au point de vue des mobilisations, en ce qui concerne le manque de postes dans les ikastola. Non que la demande ait été entièrement satisfaite, puisque Seaska en a obtenu 2 sur les 4 demandés. Néanmoins, dans un geste de bonne volonté en pleine négociation avec l’Education nationale d’une future convention, la fédération des écoles en langue basque a annoncé qu’elle financerait provisoirement elle-même ces deux postes, souhaitant que l’Office Public les prenne en charge par la suite.Pour Max Brisson, il n’est pas question que l’Office Public finance les postes d’enseignants. Le président rappelle que le financement des enseignants revient à l’Etat et que les 2/3 du budget de l’Office provenant des collectivités locales, celles-ci n’ont pas vocation à financer des postes d’enseignants. En revanche, il estime que l’Office Public pourrait aider davantage Seaska sur des projets précis ou par rapport à son fonctionnement. En outre, Max Brisson souligne les discussions en cours entre l’Education nationale et Seaska, qui devraient aboutir à une nouvelle convention. Cette convention concernera non seulement l’élaboration d’une grille partagée pour la dotation de postes d’enseignants dans le primaire, mais a pour ambition de fixer les critères de création de nouvelles ikastola et devrait fixer également la participation des collectivités locales au fonctionnement de Seaska. A ce jour, l’Office a proposé trois possibilités de grille, et les deux parties ont estimé qu’il s’agissait là d’une bonne base de discussion. De plus, la clarification des conditions d’ouverture de nouvelles ikastola devrait permettre à Seaska de ne plus devoir "bricoler" à chaque fois, comme elle est obligée de le faire, par le biais d’extension d’écoles existantes. Enfin, la convention devrait permettre dans son préambule de reconnaître explicitement le système d’immersion proposé par les ikastola.
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