Kiwai, le petit fruit qui gagne à être connu
·Depuis 16 ans, le fruit venu de Chine pousse à la ferme Uhartia de Gamarte, la seule du Pays Basque à le produire
"Pourquoi toujours fabriquer du fromage quand on veut se diversifier sur la ferme?" C’est pour ne pas faire ce qui se faisait déjà partout que Mikele Berhocoirigoin a creusé une nouvelle piste, en 1990, quand il s’est agi de réussir à créer un nouvel emploi sur la ferme Uhartia de Gamarte. Elevant des vaches laitières avec son mari Michel, elle s’est inspirée, sur les conseils d’un ami lot-et-garonnais, d’une production alors inexistante en Pays Basque nord, le kiwai. Ce petit fruit sucré à la chair rouge, de la famille des kiwis, prend désormais place sur 40 ares contre les prés où paissent les vaches de la ferme. "La plantation a vu le jour progressivement. La première année, le plant a grimpé le long du tuteur, puis sont venues les pousses latérales, etc., jusqu’à la quatrième année où les arbres étaient en état de produire", expliquait hier Mikele Berhocoirigoin, à l’occasion de la ferme ouverte Idoki organisée chez elle. Mettre en place une nouvelle production fournit son lot de difficultés. "Personne ne connaissait le kiwai ici, il n’y avait pas de coopérative ou de technicien pour m’épauler. J’en faisais venir un du Lot-et-Garonne, ce qui avait un certain coût, et je travaillais beaucoup avec des livres parlant de cette culture", commente-t-elle. Aujourd’hui, 240 arbres s’alignent sur des petites buttes de la parcelle herbagée située contre la ferme. Des peupliers d’Italie bordent la zone comme autant de brise-vent à la culture qui craint les courants d’air. Le petit fruit venu de Chine aime aussi l’eau mais pas trop d’où un système de micro-aspersion qui forme un nuage humide sur les buttes et dont profite la plante. En hiver, c’est du gel qu’a peur le kiwai. Un autre système d’arrosage a donc été installé qui permet la formation d’une couche de glace autour du bourgeon afin de le protéger. Une alarme se déclenche quand la température atteint 0 °C et les agriculteurs doivent alors mettre en route le système, souvent en se levant la nuit.
Pollinisation avec les abeilles
Au printemps, quand 60% de la plantation est en fleurs, un apiculteur prête ses ruches à Mikele Berhocoirigoin pour que la pollinisation se fasse par le travail des abeilles. La parcelle est conduite en agriculture biologique donc sans engrais chimiques. Le compost sert à amender la terre.L’an passé, 1,7 tonne de fruits a été cueillie. Ils mûrissent en août et septembre et sont donc vendus en frais dans les supermarchés du coin. Les invendus et le reste de la récolte servent à faire de la confiture ou des fruits séchés, "donc pas de perte". Le fruit est assez peu connu d’où un important travail d’information à faire. "C’est dommage car c’est un fruit très agréable. Je pense que cette production pourrait aussi être complémentaire dans certaines exploitations", indique Mikele Berhocoirigoin en précisant qu’elle y consacre l’équivalent d’un mi-temps qui rapporte un revenu proportionnellement plus élevé. Aujourd’hui encore elle est la seule productrice du Pays Basque. Elle invite donc le plus grand nombre à venir faire connaissance avec le délicieux petit fruit. "Pour le goûter, la période c’est maintenant. Il faut venir à la maison", lance-t-elle à qui veut saisir son invitation.
|