Cesta Punta - Gant d’Or - Finale
Garcia-Irastorza au bout de leur rêve
·Les Bidartar coiffent la xapela du Gant d’Or (35-33) au terme d’une partie à rebondissements
Il y a des soirées réussies. Des jours où tout le travail effectué des semaines auparavant, porte enfin ses fruits : le jour j au moment m. C’est certainement à cela que Garcia et Irastorza doivent penser en ce moment même, deux jours après leur incroyable xapela du Gant d’Or remportée sur la redoutable paire d’Eusko Basque, Bereikua et Enbil, sur le score on ne peut plus serré de 35-33. Car si la xapela est déjà une belle récompense pour les pensionnaires de la Kostakoak de Bidart, elle l’est d’autant plus que l’atmosphère entourant cet épilogue n’a fait qu’embellir la victoire. Tous les ingrédients étaient effectivement réunis. À commencer par le cadre. Rarement, l’Euskal-Jai de Biarritz a présenté une telle allure, comble, avec un public totalement dévoué à la cause Bidartar (un peu trop parfois à en juger des sifflets contre les extraordinaires lâchers à répétition de Bereikua). Si on ajoute un scénario à rebondissements, hitchcockien même, incertain jusqu’à la dernière minute, autant dire que la cancha biarrote, en ébullition, transmettait des sensations dignes d’un grand rendez-vous sportif.
Les idées claires
De quoi transcender les quatre protagonistes qui ont travaillé d’arrache-pied pour s’adjuger le titre. Car il n’y a pas de belles victoires sans grands adversaires. Bereikua et Enbil l’ont été. Une fois de plus, les pilotari d’Eusko Basque ont prouvé être une des meilleures équipes au monde, et si l’avant de Berriatua a peut-être pêché par manque de modestie à un moment important de la rencontre, il n’en est pas moins vrai que Julen Bereikua a signé les plus belles actions de la soirée. Sauf qu’à l’explosivité du Bizkaitar, les Labourdins ont proposé une efficacité à toute épreuve. Sans grandes envolées, les Bidartar ont toutefois foulé la cancha d’Aguiléra avec les idées très claires. Chacun à son poste, Garcia et Irastorza se sont concentrés à faire du mieux possible ce qu’ils avaient accordé au préalable. À croire que des conclusions pertinentes ont été tirées de la partie perdue en poule (35-31). Et ce, malgré les soucis récurrents de l’avant dans l’engagement, régulièrement contré et crucifié par son vis-à-vis avec son arme fatale : le lâcher. Pourtant, Laurent Garcia ne s’est pas laissé abattre. Seul amateur parmi les meilleurs professionnels de la planète, le champion du monde, a continué son travail de sape. Éviter son vis-à-vis, jouer entre deux à l’errebot... Garcia en a fait une obsession. Tant et si bien que la stratégie a payé sur la fin. Bien sûr, rien de tout cela n’aurait été possible sans le maître à jouer aux postes arrière. À l’image de toute la compétition, Eric Irastorza a de nouveau fait preuve de domination. Son coup droit a fait des ravages, et malgré une petite série de fautes à mi-partie, il s’est montré imperturbable en défense. Même lorsqu’il a été contraint de changer son gant, brisé à 33-32 en sa faveur. Calme et concentré, l’ogre de Miami est revenu des vestiaires, un gant tout neuf à la main, l’air de rien. La marque des grands champions.
Bereikua obstiné
Certes, Julen Bereikua peut toujours nourrir des regrets de n’avoir pas su tuer la partie alors que son équipe menait 26-20. Le Berriatuar s’est obstiné à vouloir terminer le point devant, peut-être poussé par les sifflets non justifiés d’une partie du public, avant de se faire contrer et concéder par conséquent des points précieux à la remontée "locale". 28-28, tout restait à faire, or ce sont Garcia et Irastorza, plus lucides, qui ont su mieux négocier la dernière ligne droite.L’exploit est difficile à mesurer. Pour l’amateur notamment, qui peut désormais partir vers les terres aztèques, l’esprit libéré, protégé par le travail bien accompli.
|