Quatre mnouveaux cas de viols recensés aux fêtes de Bayonne
·Dans un entretien accordé à Euskadi Irratia, une infirmière évoque une "information minimisée" et alourdit le bilan
Le bilan des agressions sexuelles pendant les fêtes de Bayonne pourrait s’alourdir, selon un membre du personnel médical de l’hôpital de Bayonne. Dans un témoignage diffusé hier par Euskadi Irratia, une infirmière a fait état d’au moins "huit viols avérés", constatés par les médecins pendant les fêtes. Sous couvert de l’anonymat, ce témoignage a été recueilli alors que la radio en langue basque tentait d’obtenir des réactions officielles au sein du personnel médical, la direction de l’hôpital s’en tenant au bilan des autorités qui a comptabilisé quatre viols. Selon ce nouveau témoignage, ce bilan officiel fait justement grincer des dents parmi le personnel soignant qui dénonce une différence entre la version publique et "ce qui se passe réellement". Joint par le Journal, le Parquet de Bayonne a indiqué pour sa part qu’aucune nouvelle plainte n’avait été enregistrée. Sur le plan judiciaire, seules quatre plaintes pour viols ont été déposées. Une cinquième plainte, dont faisaient état au lendemain des fêtes les autorités, avait été requalifiée en "agression sexuelle". A la mairie de Bayonne, on indiquait hier ne pas en savoir plus. De même, la préfecture de Pau s’en tenait aux quatre enquêtes en cours au commissariat de Bayonne.
Sources non-officielles
Mais ce nouveau témoignage n’est pas pour autant à prendre à la légère. D’une part, les problèmes de communication entre les autorités et la presse durant les fêtes de Bayonne ne sont plus de nature à discréditer les "sources non-officielles" (lire aussi le journal de samedi). Bien au contraire, les journalistes sont désormais en quête d’autres sources de renseignements, plus près du terrain, pour compléter leurs informations, comme le démontre la démarche d’Euskadi Irratia. D’autre part, dans le cas précis de viols, on sait que les plaintes peuvent être déposées bien après les faits. "Certaines jeunes femmes peuvent venir déposer une plainte des mois, ou parfois des années, après les faits", confirme-t-on du côté du cabinet du procureur de Bayonne, où, du coup, l’on ne "remet pas en cause ce nouveau témoignage". On se dit même attentif à ces bruits, en évoquant de surcroît des bilans encore plus alarmistes. "Je ne dis pas qu’on ne sera pas réceptionnaire d’autres plaintes" indiquait hier la même source. L’an passé, cinq plaintes pour viols pendant les fêtes de Bayonne avaient été déposées sans que personne n’en fasse état dans les bilans officiels. "Peut-être en partie pour cette raison" explique-t-on au Parquet de Bayonne en se disant résolu à communiquer une "information vraie". Mais les craintes des professionnels de l’information sont ailleurs, qui concernent les "consignes" données, notamment aux secours qui pendant les fêtes, disaient ne pouvoir communiquer sur ordre de la mairie de Bayonne. Là encore, l’infirmière qui témoigne fait état de pressions au sein de l’hôpital de Bayonne et d’une communication officielle en décalage avec la réalité. Contactée par plusieurs médias, la direction de l’hôpital de Bayonne n’a pas donné suite hier à ces sollicitations. Pas de quoi raviver sur ce point la confiance du public qui reste donc en berne. C’est aussi sous l’invocation de cette chape de plomb que l’anonymat a été requis pour effectuer ce témoignage. Une volonté de témoigner "en tant que femme et en tant qu’employée de l’hôpital depuis plusieurs années" qui se dit concernée par le "problème des agressions violentes". Dans l’entretien accordé hier à la radio basque, l’infirmière évoque également des "informations minimisées au niveau des médias", malgré "des femmes qui ont été examinées par les médecins" et leurs viols confirmés. Elle évoque des violences qui se multiplient et pointe ainsi du doigt les risques de n’en pas parler.
Prévenir les agressions au sein de l’hôpital
Dans son témoignage hier sur les ondes d’Euskadi Irratia, l’infirmière a indiqué que le personnel soignant "souhaiterait être en mesure de mettre des procédures au sein de l’hôpital pour prévenir tous types d’agressions". "Les médecins internes et les médecins du centre hospitalier de Bayonne sont très inquiets par rapport à cette progression des agressions" a-t-elle indiqué, en ajoutant : "on parle des agressions sexuelles mais il y a aussi tous types d’agressions physiques". Selon ce témoignage, la question est d’actualité au sein de l’hôpital. "On va essayer au niveau des médecins, du personnel et des gens intéressés, de se mettre en rapport avec des responsables comme des élus locaux ou d’autres structures qui seraient intéressés pour faire des choses au niveau de la prévention". Car le problème s’accroît sensiblement selon elle, et dépasse le seul cadre des fêtes de Bayonne. "Malheureusement je crois que ce n’est pas qu’aux fêtes de Bayonne. Ces agressions se sont multipliées et sont beaucoup plus violentes". Une des raisons pourrait en être la prise "d’alcool et d’autres drogues". "On parle de l’alcool mais malheureusement ces personnes sont bernées parce que des personnes mal intentionnées les droguent". Concernant la prise de GHB, soupçonnée dans trois cas d’agressions sexuelles pendant les fêtes, l’en quête n’a pu encore déterminer si cette "drogue des violeurs" a été utilisée, en raison de tests souvent très longs.
|