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Le JPB > Sujet à la une 2006-08-24
Le tourisme estival basque signe un excellent millésime 2006
·Un tonique mois d’août rattrape le maussade juillet, avec une grosse performance de l’hébergement

Qui l’eût cru à la mi-juillet ?A ce moment-là, la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Bayonne, gérant de fait tout le territoire Pays Basque, faisait état de starting-blocks passablement glissants. Les aoûtiens ont pourtant, et pour l’instant, renversé la vapeur de manière explosive. Rien que du très classique, dans ce rebondissement à forte connotation climatique. Et pourtant...

Et pourtant, on s’apprête à un saut qualitatif dans les bureaux des statistiques. Non que la saison touristique soit d’un tonneau exceptionnel, mais les virevoltes des tendances de nos visiteurs tendent à périmer les vieilles analyses quantitatives.

Les particuliers ont toujours leurs petites théories, souvent inspirées de celle des 35 heures censées annoncer un tourisme plus ponctuel, voire plus vert (campagne contre mer). "Les gens ont moins d’argent, donc ils vont moins à l’étranger et redécouvrent les régions", ose Didier, tenant un fast-food à Anglet.

Les professionnels, eux, posent plus de questions qu’ils ne proposent de réponses. "16 ans que je fais ce métier, dont quatre sur la côte d’Azur, et je n’ai jamais vu ça", confie Sabine Battaglino, directrice de l’Office de tourisme Garazi-Baigorri, encore surprise de l’hébergement au mois d’août: "on voit des familles avec de jeunes enfants se présenter à l’Office pour avoir un appartement le soir même". Le boom de l’"abominable" semaine du quinze août l’a ainsi conduite à envoyer des visiteurs à Saint-Palais, à Larceveau ou à Mauléon.

La direction de l’Office de tourisme de la capitale souletine assène même : "je ne vous cacherai pas que des gens ont dû dormir dans les voitures". Ultime refuge, le camping. Stéphane et Ursula, formant un jeune couple Municho-Lyonnais, sont adeptes du trip routard. Le fameux guide en poche, ils ont opté pour le tour transfrontalier avec leur tente qui s’ouvre toute seule. Bien leur en a pris. Dans toutes les provinces, il fallait plusieurs essais pour trouver une portion de terrain. Essuyant un orage à Saint-Pée sur Nivelle, ils ont dû s’incruster en catastrophe chez une vague connaissance à Ustaritz.

Il faut cependant relativiser, dit en substance Henri Lauquet, directeur de la communication du Comité départemental du tourisme Béarn-Pays Basque. Selon lui, outre des pics traditionnels pour le 15 août, le remplissage n’est pas plus qu’excellent. Ce qui n’est déjà pas mal. Dans le domaine de l’hôtellerie, le haut de gamme accuse une hausse de 5 à 10 %, les deux et trois étoiles se contentant de 2 à 5 %, les classes économiques se tassant légèrement.

Quant à la restauration, la situation est "un peu compliquée". Notamment à cause d’un comportement estivant de plus en plus indépendant de ce qu’on croyait être le facteur principal : le temps. Quand il fait chaud, on pique-nique. Sauf que là, même par temps nuageux, beaucoup font l’impasse sur la gastronomie: soit qu’ils sautent un repas, calés par un gros petit-déjeuner, soit qu’ils se rabattent sur la petite brasserie (sandwiches, plats uniques, formules pas chères). Conséquence sur la côte : la classe des 30/60 euros chute le midi.

Exception confirmant la complexité : ce phénomène n’existe pas à l’intérieur. Ce qui pourrait confirmer la thèse du tourisme vert: des estivants attentifs au patrimoine gastronomique. L’été aura été excellent. Futur antérieur qui dépend de septembre, la grande inconnue de toujours, du fait d’une clientèle essentiellement étrangère et retraitée, et dont la réactivité au soleil est fulgurante.



L’hôtel, le net et le truand
Internet a le vent en poupe en matière de réservations hôtelières. 10 % d’entre elles passent par la toile cette année, contre 2 % il y a quatre ans. "C’est un outil aujourd’hui essentiel", selon le directeur du Comité départemental de tourisme. Satisfait en cela de l’encouragement poussé qu’il a été fait en direction des professionnels : "les chaînes se sont très vite adaptées, mais l’hôtellerie indépendante est tout juste au point".

L’enjeu ? La vitesse, la réactivité. Car à qualité de séjour égale, le facteur temps devient primordial. Consulter le bulletin-météo à 22h00, réserver à 23h00, faire les valises à minuit... le lendemain, les internautes sont déjà sur les routes quand les adeptes du téléphone sont toujours sur messagerie d’accueil. Le touriste moderne est réactif ; il cherche du sur-mesure et voyage léger.

Quant aux pas branchés, parfois ils se jettent à l’eau et, une fois arrivés, ils voient sur place. Sur place, justement tout un secteur s’adapte : c’est ce que M. Henry Lauquet appelle le "tourisme parallèle" : camping sauvage, et gîtes ruraux non répertoriés.

"Un secteur important", décrit-il, et contre lequel internet pourrait jouer un rôle d’efficace pare-feu. "Dans ce domaine, le haut de gamme a tiré le reste vers le haut".


 
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