Championnats du monde au Japon
Les Français ridicules après leur défaite face au Liban
·Le manque d’humilité des Français leur coûtera peut-être la qualification
Jacques KLOPPAlors qu'elle s'était mise dans une position idéale, la France, trop suffisante, a tout gâché par une défaite pathétique face au Liban (74-73) dans le Mondial-2006 de basket-ball hier à Sendai. Si elle s'était imposée face à l'équipe la plus modeste du lot, la France aurait assuré sa qualification pour les huitièmes de finale et même verrouillé à coup sûr la deuxième place du groupe A. Au lieu de quoi, elle doit désormais trembler avant d'affronter le Venezuela aujourd’hui (12h00 heure française) dans un match à la vie et à la mort.
Plusieurs scénarios
Plusieurs scénarios sont possibles, selon les résultats des autres matches, et la France peut même être éliminée en cas de défaite. À l’inverse, en cas de victoire, elle peut quand même accrocher la deuxième place du groupe, synonyme d'un huitième de finale a priori plus clément, mais elle n'a plus son destin en main. Cela ressemble à un gag, tant le Liban, écrasé de 47 points par la Serbie-Monténégro, ne semblait avoir aucune chance face aux ambitions françaises. "Je suis moi-même entraîneur et je comprends très bien qu'il y a des moments dans ce jeu où personne ne peut expliquer ce qui arrive", a déclaré le chef de la délégation libanaise, Georges Kelzi, aux anges. Il n'empêche que, aussi fou que le basket peut parfois être, jamais les Français n'auraient dû lâcher un match s'ils l'avaient abordé avec l'humilité et la modestie dont il faut faire preuve lors d'une rencontre de Championnat du monde. "Je pense que les Français nous ont pris à la légère", a estimé le petit meneur de jeu Rony Fahed. "On les a sous-estimés", a confirmé sans langue de bois Florent Pietrus, pourtant un des seuls à n'avoir rien à se reprocher sur ce coup-là (13 points, 11 rebonds). "C'est une évidence qu'on prend le match à la légère, a également souligné le sélectionneur Claude Bergeaud. Alors ce soir, il y a automatiquement un sentiment de honte. Il faut avoir beaucoup de respect dans le sport et nous, on leur a manqué de respect." Ce défaut de modestie s'est traduit par un début de partie complaisant, où les Français ont affiché un manque total d'agressivité, ne provoquant pas une seule faute lors des douze premières minutes! "Cet état de suffisance en début de partie, on l'a payé très cher parce qu'ensuite le Liban a pris confiance et nous, à l'inverse, on a commencé à douter."
Des Français amorphes
Complètement aphones, les Français ont ainsi rejoint les vestiaires avec un déficit incroyable de 13 points contre une équipe privée de son coach, malade, mais complètement libérée. "On a joué juste pour le plaisir, sans aucun stress, et c'est dans ces conditions que les joueurs peuvent donner leur maximum", a observé Georges Kelzi. Sermonnés comme des petits écoliers à la pause, les jeunes Bleus ont eux essayé de revenir et ont refait un peu surface sur un festival de Florent Pietrus dans le 3e quart-temps. Mais le manque d'adresse a une nouvelle fois été le boulet des Français. "On ne met pas un tir, comme les autres soirs, a déploré Bergeaud. C'est le moment de dire "inch'Allah" car on n'a pas d'autre solution que de les mettre ses tirs." C'était donc grâce à un petit miracle que la France a réussi à passer devant le Liban à 39 secondes de la fin (72-71), mais Boris Diaw, qui en avait mis six de suite pour battre les Serbes, rata ensuite un lancer franc crucial et Laurent Foirest le tir de la victoire. Ce n'était finalement que justice car un succès aurait vraiment eu des allures de vilain hold-up. Aujourd’hui, la France, qui a déjà pris ses billets de Shinkansen (le TGV local) pour Saitama, où se poursuivra le Mondial, a intérêt à se reprendre en main si elle ne veut pas se retrouver dans le premier avion pour Paris.
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