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Le JPB > Culture 2006-08-24
La grande aventure d’un théâtre populaire se poursuit à Biarritz, quarante ans après
·L’association des Amis du théâtre de la Côte basque a présenté hier le programme de la saison 2006/2007

Onze spectacles sont au menu de la saison 2006/2007 des Amis du théâtre de la Côte basque.L’association, qui fête cette année ses quarante ans d’existence, a dévoilé hier un programme alléchant, en équilibre sur des ¦uvres classiques et contemporaines, des ¦uvres évidentes menées par des acteurs célèbres ou d’autres plus difficiles et qui ont justement besoin d’être défendues, selon les bien grands principes qui ont prévalu pour la création des théâtres populaires.Le président de l’association biarrote, Serge de Domingo, résume : "sécurité et aventure".

Un rêve de murailles et de navires en même temps qui n’a jamais détourné les Amis du théâtre de la Côte basque de leur vocation à élargir les horizons des spectateurs, et conformément aux préceptes du créateur des Amis du théâtre populaire (ATP), un certain Jean Vilar, de "faire partager au plus grand nombre ce que l’on a cru devoir réserver jusqu’ici à une élite".Quarante ans après, la question s’inverse à Biarritz lorsque les responsables de l’association, membre de la fédération des ATP, s’interrogent sur "ces personnes qui doivent se sous-estimer pour ne pas venir au spectacle".

Car si Jean Vilar, metteur en scène et créateur en 1947 du festival d’Avignon, souhaitait voir fleurir en 1966 des ATP pour que le théâtre devienne "un service public, tout comme le gaz, l’eau, l’électricité", voilà que la tâche n’est toujours pas aisée aujourd’hui, alors que le spectacle coule à flot et que la tragédie est courante.Pour l’association des amis du théâtre de la Côte basque, il s’agit désormais "d’aider les spectateurs habituels à aller vers de nouveaux spectacles" et d’inciter la jeunesse à se rapprocher des formes de théâtre qu’elle déserte habituellement. Presque un conflit de générations, qui s’étend à l’association même dont la plupart des adhérents sont âgés de plus de 70 ans.Pour autant, le bataillon n’en est pas moribond et comptait dans ses rangs 317 abonnés lors de la saison passée.Parmi eux, une trentaine a participé à la création de l’association en 1966, lorsqu’il s’agissait d’associer au théâtre les notions de fête, de cérémonie et de service public. A l’époque, le militantisme culturel et les débats publics sur des sujets de politique et de société permettaient bien des expériences et des audaces. Jean Vilar suscitait la polémique.

Aujourd’hui, face à une offre culturelle toujours plus abondante, le chemin qui mène au théâtre est toujours tortueux.Les Amis du théâtre de la Côte basque ne se font pas trop d’illusions sur l’intérêt que suscitera la Rodogune de Corneille, programmée le 6 octobre à la Gare du Midi, parmi les plus jeunes.Et pourtant, relève Urania Costa, cette "sombre intrigue policière", dans une langue ciselée, sonne aux oreilles "comme du Mozart".Et si cette "année Mozart" est également celle du 400e anniversaire de la naissance de Pierre Corneille, la programmation de ce classique, mis en scène par Jean-Claude Seguin et le Théâtre du Loup Blanc, reste pour les Amis du théâtre de la Côte basque une "prise de risques".

Mais il en faut plus pour effrayer l’association qui dans ce registre malmène ses propres adhérents.On se souvient que les Amis du théâtre de la Côte basque ont co-produit, en hiver dernier, le très bousculant Big Shoot de Kristian Frédric. La saison qui s’annonce promet aussi son lot de surprises. Outre Collection particulière, qui rompt avec les habitudes en proposant du chant avec le One man show de François Morel (celui des Deschiens) El caso del espectador mettra en scène une femme seule face à un écran télé, pour une série de petits meurtres entre spectateurs."Fin, léger et souriant", selon Serge de Domingo. La mise en scène propose également une "interrogation brutale du spectateur".

Entre un Marivaux (La fausse suivante) et une pièce cinq fois nommée aux Molières (Le Caïman avec Claude Rich), les Amis du théâtre de la Côte basque présenteront l’étonnant Nationale 10, qui revient sur l’histoire vraie d’Aristides de Souza Mendes.Trois pièces pour rendre hommage à cet ambassadeur du Portugal à Bordeaux, qui fit le choix de compromettre sa carrière et sa famille nombreuse pour permettre à quelque 30000 personnes, dont 10000 juifs, d’échapper au régime Nazi.Autre perle, le fameux Mamie mémoire, dont des lectures ont déjà été faites aux découvertes des Chimères, sera créé à Quimper puis présenté en novembre par les Amis du théâtre de la Côte basque.Enfin, en février, le Colisée accueillera Pourquoi mes frères et moi on est parti, une coproduction de la fédération des Amis du théâtre populaire qui compte 18 relais dans l’hexagone.Un sujet actuel qui évoque l’immigration.L’aventure d’un théâtre populaire se poursuit.


 
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