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Le JPB > Pays Basque 2006-08-24
Rapprochement des détenus sous condition que Batasuna "respecte la loi sur les partis"
·L’exécutif espagnol répond à la gauche abertzale à travers El País

"Si la gauche abertzale rentre dans la légalité, en acceptant uniquement les voies démocratiques pour atteindre ses objectifs, le processus sera impulsé". C’est à travers le quotidien pro-socialiste El País, que le gouvernement de José Luis Rodríguez Zapatero a voulu trancher le débat ouvert la semaine dernière par l’ETA sur la situation du processus de paix.L’organisation armée avait déclaré vendredi que le processus se trouvait dans "une crise évidente" [lire nos éditions précédentes] et au vu de l’article paru hier, la réponse du chef de l’exécutif samedi ne semble pas avoir calmé l’audience.

En effet, l’article d’El País vient apporter des précisions que José Luis Rodríguez Zapatero n’avait pas souhaité révéler lors de son intervention publique de samedi. Selon le quotidien madrilène, l’exécutif socialiste estime que la légalisation de la gauche abertzale est non seulement "fondamentale" pour que cette mouvance puisse participer au processus de dialogue au Pays Basque, mais elle est "la clé du processus".

Selon El País, pour le gouvernement le processus ne peut avancer que si la gauche abertzale "respecte la loi sur les Partis politiques" ayant servi à l’interdire. C’est-à-dire si Batasuna non seulement "condamne la violence" mais se présente sous "une nouvelle étiquette et des nouveaux statuts". Le quotidien, toujours citant des sources du gouvernement socialiste, affirme que Batasuna avait accepté avant l’été de créer une nouvelle étiquette, mais, en raison de la "pression de ses bases", le parti de la gauche abertzale aurait fait marche arrière.

La formation abertzale a toujours déclaré que sa mise hors-la-loi était une question d’ordre politique, décidée entre autres par le PSOE, promoteur de la loi sur les Partis politiques. "C’est par conséquent au PSOE de légaliser la gauche abertzale", ont toujours affirmé les dirigeants de Batasuna lorsqu’ils ont été interrogés par la presse sur un éventuel retour à la légalité du parti souverainiste.

Par ailleurs, pour Batasuna la question de sa légalisation n’est pas prioritaire. Son leader, Arnaldo Otegi, a déclaré à plusieurs reprises que la priorité pour la gauche abertzale était la mise en place de la table de dialogue multipartite, pour laquelle il ne faudrait pas de légalisation. D’ailleurs, malgré son interdiction, Batasuna a participé aux contacts bilatéraux préalables à la mise en place de cette table et a rencontré toutes les formations engagées dans la démarche, y compris le parti socialiste.

Batasuna estime enfin qu’une nouvelle étiquette politique ne garantirait pas de pouvoir développer une activité publique en complète liberté, car une procédure pénale est ouverte à l’Audience Nationale espagnole contre les dirigeants de ce parti. Pour la gauche abertzale, la seule garantie est la dérogation de la loi sur les Partis politiques.

Des mesures pénitentiaires

Selon l’information diffusée par El País, le gouvernement aurait déjà prévu de nombreuses mesures pénitentiaires dont le "rapprochement" des prisonniers politiques basques. Mais l’exécutif ne l’appliquera pas tant que Batasuna n’aura pas un remplaçant légal. Ce pas représenterait pour l’exécutif espagnol la preuve de l’irréversibilité du processus de paix et permettrait "l’acceptation sociale" des mesures pénitentiaires.

"Pour adopter des mesures pénitentiaires telles que le rapprochement des prisonniers de l’ETA dans les prisons du Pays Basque, où des décisions plus profondes telles que des mises en liberté provisoires ou des relaxes de membres de l’ETA, le gouvernement a besoin de l’acceptation sociale et pour cela le processus de fin de la violence doit avoir un caractère irréversible", d’après un responsable de l’exécutif cité par El País.

Les mêmes sources précisent, toujours selon ce quotidien, que ces mesures pénitentiaires ne seront pas prises de façon "improvisée comme l’avait fait le gouvernement de José María Aznar lors de la trêve de 1998. Pour exécuter les plans prévus par l’exécutif, il faut que le processus avance".


 
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