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L´épidémie de Sida stagne au Pays Basque depuis plusieurs années
·Depuis le début des années 2000, le nombre des contaminations recensées annuellement tend à stagner au Pays Basque
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La 16e conférence internationale sur le Sida vient de s’achever à Toronto (Canada), mettant en avant la nécessité d’un réseau associatif performant afin d’encadrer au mieux les malades. Au Pays Basque, la situation est peu ou prou analogue à celle des autres régions européennes. En Iparralde, on dénote une légère progression même si elle est à relativiser. Selon les données du Réseau Ville Hôpital, le nombre de patients suivis en 2005 à Bayonne est de 662 soit une sensible augmentation par rapport à l’année précédente (autour de 640). On compte également cinq nouveaux cas décelés pour cette même période. Deux constatations s’imposent. D’abord, et contrairement à l’idée parfois reçue, la population hétérosexuelle est bien plus touchée en Pays Basque nord que la population homosexuelle. Ensuite, la transmission du virus par voie intraveineuse, en lien avec la toxicomanie, représente seulement 5% des nouveaux cas recensés en 2005. L’évolution globale de la maladie que ce soit au nord comme au sud de la Bidasoa démontre une stagnation du nombre de contaminations enregistrées annuellement. Toutes les statistiques présentent une situation similaire : après une forte augmentation du nombre de nouveaux malades entre 1991 et 1998 (avec un pic se situant à cheval sur les années 1994-1995), les années 2000 présentent une relative constance dans le dénombrement des cas de contamination. Pour exemple, dans la Communauté Autonome Basque, 124 nouveaux porteurs du VIH ont été recensés en 2005 contre 128 en 2004 et 137 en 2003. C’est relativement peu au regard du nombre de nouveaux cas décelés en 1994 (533) et 1995 (508). Cette contamination touche très majoritairement la gent masculine. Sur une population de plus de 5000 individus contaminés en Euskadi depuis 1984, près des trois-quarts sont des hommes. En ce qui concerne le mode de contamination, les services sanitaires de la CAB notent une relative évolution du phénomène.
Transmission sexuelle
La transmission sexuelle de l’épidémie concerne désormais la majorité des cas des nouvelles contaminations alors qu’auparavant la toxicomanie était la première source de déploiement de la maladie. Géographiquement, la Biscaye est la première des trois provinces touchées par le phénomène avec plus de la moitié des porteurs comptabilisés. En Navarre, la situation est sensiblement la même, voire peut-être meilleure si l’on en croit les chiffres avancés par le gouvernement de la communauté forale. Le taux de diagnostics annuels du VIH est actuellement inférieur à celui de nombreux pays européens comme le Portugal, la Suisse, l’Irlande ou encore la Belgique. Près de 2500 cas d’infections sont confirmés à ce jour dans la province. Les 25-44 ans sont les plus touchés au Pays Basque comme d’ailleurs dans la grande majorité de l’Europe occidentale et à l’inverse des zones sous-développées, où la jeunesse est la première cible de l’épidémie. Si le sida continue à faire des ravages, l’isolement du malade est une des principales préoccupations des organismes d’aide. Il est souvent difficile pour les nouveaux malades de rompre avec la solitude et de pousser la porte des associations. Comme le souligne Marie-Pierre Leclerc, présidente-adjointe de l’antenne régionale de l’association Aides, "ce sont surtout les habitués qui reviennent souvent, parfois des gens venant d’autres régions mais déjà suivis". Il s’agit essentiellement pour ces structures de servir de passerelles entre le malade et son traitement mais pas seulement. Le volet prévention n’est pas non plus à occulter, bien au contraire. Répondre aux inquiétudes et fournir une documentation claire, c’est bien souvent le premier des remèdes. Selon Sida Info Service, plus de trois-quarts des appels passés depuis le département concernent des demandes d’informations relatives à la maladie, à ses modes de transmission et aux solutions à adopter en cas de contamination.
Face à la maladie, l’association Aides joue la carte de l’ouverture
Il n’y a pas de guérison sans communication. Telle pourrait être la devise de l’association Aides. La délégation Pays Basque, qui vient fraîchement d’emménager au bout des allées Boufflers à Bayonne tente de faire sortir de l’isolement des dizaines de malades. Sur l’année, ce sont en moyenne entre 10 et 15 volontaires qui s’attellent, chacun à sa manière, à informer, aider et conseiller. "Nous recevons beaucoup de toxicomanes ici, confie Pascal Bernard, l’animateur en charge de la prévention. La distribution gratuite de seringues est donc un des volets de l’association, permettant ainsi au toxicomane d’utiliser un matériel non contaminé. Ainsi plus de 30 000 seringues ont été distribuées l’année précédente. Si l’aide "pratique" est forcément de rigueur, le suivi psycho-social est également un domaine incontournable d’Aides Pays Basque. "Si une personne vient dans nos locaux, et souhaite organiser un repas convivial, nous l’aidons à le mettre sur pied", explique Pascal Bernard. C’est à la demande de chaque individu". Repas conviviaux mais aussi ateliers d’écriture et d’écoute, il s’agit de dissocier le mot maladie du mot solitude. Mais comme l’adage bien connu le préconise, il est préférable de prévenir que de guérir, et en cela l’association Aides est aussi en première ligne. Avec un planning "prévention" bien rempli pour l’été. "Nous avons pu réaliser des rencontres avec des professionnels de la santé, détaille Pascale, et les questions fusaient. Festivals, endroits de rencontre gays, fêtes locales, il faut être présent partout pour sensibiliser, surtout l’été. Car, la maladie, elle, se fiche bien des vacances...
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