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Le JPB > Culture 2006-08-19
Enclave sud-américaine au coeur de Garazi
·Autour du magasin Inti Wasy de St-Jean-Pied-de-Port, Jeannette et Gari Jaureguy ont créé une association d’aide à l’Equateur

Il y a de cela un an et demi, Saint-Jean-Pied-de-Port s’est enrichi d’un nouveau magasin "Inti Wasy". Située près du marché couvert, cette boutique est d’un genre nouveau. Petite par la taille, elle est grande par les valeurs qu’elle défend, qu’elle fait vivre, tout simplement. Jeannette et Gari Jaureguy y proposent des produits artisanaux provenant de pays de l’Amérique du Sud, une partie du monde qu’ils connaissent bien puisque Jeannette en est originaire.

Pas n’importe quels produits. Les différentes statues, les bijoux, vêtements sont les oeuvres d’artisans de Bolivie et d’Equateur à qui elles sont achetées directement, sans intermédiaires. Les sculptures sur bois proviennent d’une communauté de l’Equateur. Certaines représentent des personnages de la religion Inca mais d’autres, inspirées de la statuaire basque, sont le fruit d’un travail artistique réalisé "là-bas" à partir de documents fournis par la famille Jaureguy. Le magasin offre également un large choix de compléments alimentaires naturels, provenant en grande partie de la forêt amazonienne dont plus personne n’ignore l’impressionnante diversité de plantes aux vertus curatives. Ces produits sont labellisés sous des marques respectant toutes les valeurs et tous les engagements du commerce équitable.

Mais assez parlé du magasin. D’ailleurs, si les maîtres des lieux ont, comme tout le monde, besoin de tirer un minimum de revenus de leur activité professionnelle, ce qui n’est pas toujours facile, ils se fâchent tout rouge lorsque quelqu’un ou quelqu’une s’attarde un peu trop sur le sujet de leur commerce, les empêchant ainsi de présenter ce qui est le combat de leur vie, l’association Atahualpa, du nom de la figure historique la plus emblématique aux yeux de nombre d’habitants des pays andins. Cette association, qui a pour but de venir en aide aux communautés indigènes d’Amérique du Sud et de les aider à conserver leur patrimoine, a été créée en 2004 dans le Nord de la France avec l’aide du père de Gari et des s¦urs de Jeannette qui, elles, continuent à ¦uvrer sur place. C’est lors d’un voyage du couple en Equateur, alors que Jeannette n’y était pas retournée depuis cinq ans, que l’idée est née des sentiments de colère et de révolte ressenties.

Trois communautés

Avec des moyens très modestes, avançant pas à pas, l’association mène tout particulièrement à bien des projets dans trois communautés situées au Nord de l’Equateur : Pugar Puela, El Inka et Cayambe. Dans un premier temps, le gros du travail consiste à apporter une aide matérielle aux trois écoles qui rassemblent à ce jour deux cents élèves, de la maternelle à la fin du primaire. La scolarisation est obligatoire en Equateur, mais payante et les familles pauvres sont le plus souvent dans l’impossibilité de fournir à leurs enfants le matériel de base, cahiers, crayons, etc. Les écoles elles-mêmes vivent dans un dénuement presque total. Elles n’ont la plupart du temps ni téléphone ni électricité, si ce n’est pour certaines, une seule ampoule électrique. Les tables manquent, les chaises aussi, les craies, les tableaux et même la peinture pour égayer les murs. Les parents, conscients de l’importance de l’éducation dans un monde dont le sens leur échappe de plus en plus, consentent à celle de leurs enfants de colossaux efforts personnels, terriblement invalidants par ailleurs pour le bien-être matériel de la famille.

Aux portes de la communauté, le monde du profit à tout prix attend les jeunes pour les arracher à leurs valeurs, à leurs origines et les prendre dans ses filets. L’emprise foncière des puissances financières extérieures s’agrandit de jour en jour. Autour de Cayambe, une monoculture industrielle de roses, qui approvisionne la plus grande partie de nos pays alors que nous croyons ces fleurs venues de Hollande, emploie à bas prix les jeunes indigènes pour des travaux où l’utilisation massive de pesticides sans la moindre protection met en danger leur vie. A l’association Atahualpa, on pense que mieux instruits, les jeunes pourraient mettre sur pied une société plus humaine, plus juste, qui sache respecter leurs racines tout en prenant à la société technologique et technicienne ce qu’elle a de meilleur, l’utilisation concrète des énergies renouvelables, par exemple. C’est pourquoi "Atahualpa" se donne tant de mal pour collecter des fonds afin d’acheter pour ces écoles le matériel élémentaire, dont, ici, nul n’imaginerait pouvoir se passer.

Inti Wasy

Enclave Sud-Américaine au c¦ur de Garazi.Association Atahualpa.Jeannette et Gari Jaureguy.Saint-Jean-Pied-de-Port.


 
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