Le processus de résolution du conflit basque est "dans une situation de crise évidente". Dans un communiqué diffusé hier par les principaux médias du Pays Basque sud, l’organisation armée basque ETA partage sa réflexion sur la situation politique actuelle.Un contexte politique que, cinq mois après l’annonce d’un cessez-le-feu permanent, l’ETA qualifie de "grave", parce que "les responsables des partis politiques n’ont pas répondu à la hauteur de leur responsabilité par rapport à l’engagement" que l’arrêt des armes représente.
"Au lieu de faire des démarches profondes pour alimenter ce processus et pour construire un cadre démocratique en Euskal Herria, ils se sont entêtés à affaiblir les positions de la gauche radicale basque", estime l’ETA.
Dénaturer le processus
Le processus de paix est donc "dans une situation de crise évidente", selon l’ETA, et cela en raison de "l’attitude mesquine des partis politiques". L’organisation armée basque accuse le Parti socialiste ouvrier espagnol de José Luis Rodríguez Zapatero et le Parti nationaliste basque dirigé par Josu Jon Imaz de "dénaturer et de vider le processus de son contenu". Le communiqué affirme que tant le PSOE que le PNV "essaient de construire un processus à la mesure de leurs intérêts et de leurs besoins".L’ETA accuse ces formations politiques de "montrer une volonté claire pour retarder" les démarches du processus "en imposant de nouvelles conditions à la gauche abertzale".
Par ailleurs, l’ETA constate que les Etats espagnol et français "maintiennent leur oppression politique, militaire et économique sur Euskal Herria" et accuse les dirigeants espagnols de "ne pas respecter leurs engagements" concernant "leur cessez-le-feu".
Pour l’ETA, le maintien de cette politique de répression n’est pas compatible avec le développement d’un processus de négociation pour la résolution du conflit. Elle prévient dans ce sens que "dans le cas où ces attaques contre Euskal Herria persistent, l’ETA donnera une riposte".
Cela dit, l’organisation armée affirme que les objectifs affichés dans son communiqué du 22 mars annonçant la mise en place d’un cessez-le-feu sont toujours intacts, c’est-à-dire, sa volonté d’arriver à une fin dialoguée du conflit basque. "C’est dans ce sens qu’il faut prendre des engagements et des décisions nettes".
Enfin, l’organisation armée appelle la société à "cumuler des forces" dans ce sens et à faire pression pour faire en sorte d’arriver à un "cadre démocratique basé dans le respect des droits du Pays Basque.