Quand Fred Fort touchait au rugby
·L’électron libre du rugby, récit autobiographique présenté ce week-end au salon du livre de Biarritz
On connaît Fred Fort le poète, militant infatigable de la culture basque, qui promène sa grande carcasse et sa gueule de Léo Ferré de manif en salon du livre et de la scène aux rails encombrés de Démos.Cette fois encore, pour le salon du livre qui se tient au Casino municipal de Biarritz ce week-end, il sera là et présentera ses ouvrages parmi la soixantaine d’exposants présents, dont de nombreuses maisons d’édition locales.Sauf que cette fois, Fred Fort ne nous entraîne pas dans un conte dont il a le secret, ni dans des remous poétiques, mais dans sa vraie vie, celle d’avant qu’il se mette à dire et à écrire des poèmes, avant même qu’il pose ses valises en terre basque et se dise qu’il est "peut-être d’ici".Avant d’être ce grand calme réfugié dans les mots, Fred Fort était un rugbyman teigneux, et pas le moindre là non plus.Un guerrier atypique qui a marqué son époque par son imposant gabarit, au milieu des années 50 et jusque dans les années 60.Ce 3e ligne de 1,94 mètre et 84 kilos, tombé dans le rugby pour esquiver l’armée, a marqué les équipes du PUC de Paris, du sporting club agenais, du RC Vichy et jusqu’à l’équipe de France avec laquelle il a disputé quelques matches.
Roi de la touche
Surtout, les amateurs de l’époque se souviennent de son extraordinaire prise de balle en touche, due à une exceptionnelle détente.Il atteignait du bout des doigts 3,35 mètres avec un seul pas d’élan, ce qui forcément, l’a rapidement sacré "roi de la touche". Mais ce Gabarit hors normes étonnait également joueurs et supporteurs de rugby.C’est cette épopée qui est contée dans le livre L’électron libre du rugby, paru aux éditions du Cairn.Pas un livre de nostalgie mais plutôt, dit-il, une manière de faire revivre le rugby de cette époque.On y découvre les coulisses d’un sport arrangeant, qui était encore loin du professionnalisme, les matches d’un temps qui n’existe plus et les vestiaires d’une autre époque, quand les joueurs ne s’échauffaient pas, et ne buvaient pas d’eau à la mi-temps.Pas Fort, qui s’appelait Louis sur les terrains, comme son premier prénom d’état civil.Il faut dire que le poète, qui tient aujourd’hui chronique hebdomadaire dans le présent Journal du Pays Basque, était avant tout décathlonien et à ce titre, détonnait déjà.Au fil de cette épopée, documentée d’extraits de la presse d’époque, c’est un visage précis du rugby à papa qui se détache à travers une personnalité détonante.Une belle balade dans une histoire qui reste simple comme une vie.
Salon du livre
La troisième édition du salon du livre de Biarritz se tiendra aujourd’hui et demain, de 10h à 20h, cette fois au casino municipal, avec une soixantaine d’exposants, dont la plupart du Pays Basque. Près de 7000 euros de subventions publiques, du Conseil général et surtout de la mairie, ont permis cette année de proposer la gratuité aux exposants comme au public. 5000 visiteurs sont attendus, contre la moitié l’an passé. Le thème retenu, du vin et de la littérature, suscitera plusieurs débats au Casino Bellevue. Tél. 06 26 51 23 67.
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