Un groupe composé d’une cinquantaine de personnes a annoncé lors d’une conférence improvisée au Boulevard donostiar qu’une autorisation avait été demandée au ministère basque de l’Intérieur pour organiser une manifestation demain à Saint-Sébastien sous le thème Euskal Herriak du hitza eta erabakia [Le Pays Basque a la parole et la décision]. Il a souligné les "possibilités" du contexte politique actuel pour "en finir de manière définitive avec le conflit politique".L’objectif de la manifestation est d’"impulser cette opportunité historique" et de donner la parole à la société. "Nous sommes dans l’obligation de résoudre le conflit et de bien le faire afin d’ouvrir un nouveau chemin basé sur la démocratie qui rendra possible la vie en commun et le développement des différentes sensibilités politiques de notre pays, en reconnaissant et en respectant la parole et la décision qui reviennent à Euskal Herria".
"Voici l’avenir que nous souhaitons pour notre pays. Pour atteindre cet objectif il faut d’abord dialoguer et négocier. Nous constatons avec satisfaction qu’il y a du dialogue, beaucoup de dialogue, oserions-nous dire", selon les membres de ce groupe. Pourtant, parallèlement à ce dialogue, il existe une dynamique d’"agressions contre notre peuple". Des agressions auxquelles il faut mettre un terme, estiment ces personnes, "si nous voulons véritablement développer le chemin de la démocratie".
Après avoir pris connaissance le l’annonce d’une nouvelle manifestation, le magistrat de l’Audience Nationale espagnole Baltasar Garzón a sollicité du gouvernement de la Communauté Autonome Basque toutes les informations concernant la demande d’autorisation pour cette marche. Le juge estime que cette mobilisation est similaire à celle annulée jeudi.
La veille, le juge avait entendu cinq membres de Batasuna contre lesquels il n’a pas pris de mesure judiciaire. Il les a pourtant mis en garde contre une participation dans une éventuelle marche demain à Donostia, puisque leur présence serait considérée par le juge comme une activité délictueuse qui pourrait les envoyer en prison.
LAB appelle à manifester
Par ailleurs, le syndicat LAB a appelé "tous les travailleurs et travailleuses du Pays Basque à participer à la manifestation". LAB estime "très positive" l’initiative de ce groupe de personnes et affirme "partager" avec elles la "nécessité d’impulser cette opportunité historique pour la résolution du conflit". Le syndicat croit aussi que le respect du droit de décision des citoyens du Pays Basque et la participation sociale sont deux axes fondamentaux pour mener à bien un processus démocratique "que nous soutenons avec détermination". C’est dans cette logique que le syndicat LAB appelle la société à prendre part à la mobilisation, tout en demandant au parti socialiste espagnol de faire "des pas réels" et de "ne pas gâcher les espérances de ce peuple".
A priori, la manifestation devrait avoir lieu, ni le ministère basque de l’Intérieur ni la justice n’ayant dicté d’interdiction.