Don Juan pour trois soirs
·Le Ballet Biarritz repropose une visite de séduction chorégraphique du fameux mythe
Complet lors de sa présentation au printemps dernier, le Ballet Biarritz rejoue à nouveau Don Juan pour trois soirs. Après un détour par Los Angeles, la troupe propose des séances de rattrapage pour ceux et celles qui ne sont pas partis en vacances. C’est que le chorégraphe Thierry Malandain offre deux ¦uvres somptueuses : Les petits riens de Mozart et le Don Juan de Gluck qui nous invitent au charme, au drame, en passant par l’humour.Explication de texte chorégraphique par Malandain himself: "Don Juan, pour qui toute femme est bonne à séduire, est né à Séville au siècle d’or. Depuis, au gré des inspirations qu’il suscite, on le dépeint libre-penseur, coureur de jupons, mélancolique, assoiffé d’absolu, à peine épuisé par cette course tant il fascine". Pour Gluck et Angiolini, il est le libertin esquissé par Molière. C’est la figure retenue par le Ballet Biarritz "tout en lui attribuant d’autres expressions". Thierry Malandain ajoute ainsi "l’idée d’un personnage qui à travers les femmes cherche la femme. À moins qu’il ne se cherche lui-même ? La raison voudrait qu’il s’arrête un jour, tombant réellement amoureux. Mais Don Juan n’est pas raisonnable, ne respecte rien ni personne et, à défaut de connaître l’extase dans l’unique et l’immobilité, séducteur impénitent, il court avec avidité pour jouir du multiple". Jusqu’au moment fatal où la terre s’ouvre sous ses pieds pour l’engloutir. En chorégraphie cela se traduit par une tentative de retenir "les éclats du personnage" puisqu’ici le rôle bénéficie de trois interprètes, tandis que la figure d’Elvire reflète toutes les conquêtes du personnage. "Ce processus de division, la scénographie en rend compte par l’usage d’une table de banquet se scindant en triangles acérés pour à la fois énumérer et commenter les assauts de Don Juan, témoigner du désordre amoureux qui s’ensuit ou figurer les mâchoires de l’enfer" explique le chorégraphe. A l’exception de Sganarelle, seuls les protagonistes nécessaires au drame sont en scène : Don Juan, Elvire, le Commandeur. "Un dispositif triangulaire, fragilisé par l’apparition de la Mort, sans qui, jamais la figure légendaire de Don Juan n’aurait fait couler autant d’encre et de larmes." "Don Juan". Les petits riens" et "Don Juan", par le Ballet Biarritz, chorégraphiés par Thierry Malandain les mercredi 9, jeudi 10 et vendredi 11 août 2006 à 21h00 à la Gare du Midi.De 12 à 27.€.
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