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Les vacances studieuses des puntistes "Américains"
Tous les étés, ce sont des dizaines de joueurs de Cesta Punta qui reviennent au Pays Basque pour un été mi-vacances mi-travail. Le Journal a rencontré Irastorza, huit fois élu numéro un à Miami et considéré comme le meilleur joueur au monde
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Déjà huit ans aux Etats-unis, au Jai Alai de Miami, Eric Irastorza n’a pas vu le temps passer. D’autant plus qu’à l’image de ce qu’il avait montré ici étant plus jeune, ce Bidartar de 30 ans a accumulé les prix de l’autre côté de l’Atlantique. C’est simple, il a été désigné 8 fois consécutivement numéro un de la cancha de Floride. Un record qui l’accrédite du statut de "meilleur joueur de la planète Cesta Punta". Pourtant, rien ni personne ne lui enlèvera le plaisir de revenir sur ses terres, ne serait-ce que le temps d’un été. Comme des dizaines de puntistes, partis "poursuivre le rêve américain" mais dans le sport, Irastorza retrouve tous les étés la chaleur de ses proches "9 mois là-bas et 3 mois ici", lance-t-il pendant qu’il prépare son nouveau gant. Alors, certes, tous les pilotari ne bénéficient peut-être pas des mêmes conditions, "chacun négocie comme il le peut", elles s’appliquent notamment aux meilleurs, ceux qui défendront les intérêts de leur fronton dans les Jai Alai du Pays Basque. Concernant le Bidartar, "c’est un compromis que j’ai avec mon patron. Il me laisse venir pendant trois mois pour disputer les tournois, mais il veut que l’on fasse bonne figure, que l’on représente du mieux possible le Jai Alai de Miami. Cela me convient". Alors vacances ou travail ? "Un peu des deux" rétorque le puntiste. "C’est quand même du travail parce que nous sommes souvent sollicités à droite et à gauche, la gagne y est, et nous devons nous préparer en fonction. Mais il y a également une part de vacances dans la mesure où le rythme d’ici est plus posé. Nous ne jouons pas tous les jours et nous bénéficions de jours de repos, ce qui n’est pas négligeable". Une chose est sûre, Irastorza ne bénéficiera pas d’autres "vacances" que les trois mois passés de ce côté-ci de l’Atlantique : "en réalité, les puntistes de Miami bénéficient d’un mois de vacances. Ceux qui n’ont pas l’occasion de venir ici resteront un mois sans jouer, en ce qui nous concerne nous ne jouons pas pendant trois mois à Miami, mais nous disputons les tournois d’ici". C’est pourquoi le multiple champion du monde, amateur et professionnel, profite de son séjour au Pays Basque pour consacrer plus de temps à ses proches. Au fil du temps, ses priorités ont également évolué et aujourd’hui Irastorza se surprend à privilégier certains aspects : "Je reste en général plutôt entre Bayonne, Biarritz et Bidart, mais si avant je m’éparpillais un peu plus, je suis aujourd’hui plus concentré sur la famille et sur les amis. Je ne sais pas si c’est l’âge ou pas mais c’est vrai que quand je viens ici j’aime passer plus de temps avec eux".
Plus facile en partie
Pour les "Américains", il s’agit ensuite de mettre de côté les fameuses "quinielas" afin d’aborder dans les meilleures conditions les parties en 35 points. "C’est vrai que l’approche est complètement différente" avoue Irastorza, "là-bas, les parieurs misent sur nous et ne serait-ce que par respect pour eux on doit se donner à 100 %, tous les jours. Ici, le public qui vient nous voir recherche plus l’aspect spectacle de la Cesta Punta. Bien sûr, il y a toujours la notion de gagner, mais le côté sport l’emporte".Pourtant, on ne gère pas de la même manière une partie en 35 points et ses temps de jeu, qu’une quiniela en un point, où la moindre erreur se paie cache, et où l’on sait qu’il faudra attendre le tour suivant avant de fouler à nouveau la cancha. Le Labourdin n’hésite toutefois pas, les quinielas sont plus dures : "Les parties en 35 sont plus faciles à disputer. On reste une heure et demie dans la cancha, puis c’est fini. Dans les quiniela, c’est plus aléatoire. On gagne un point, deux, ou même trois, puis on sort. Il faut rester concentré pour le retour. Et ça ne pardonne pas. Il faut essayer de faire le point en jeu, de réaliser un minimum d’erreurs, alors qu’en partie, on peut toujours se rattraper". Peu importe, si Irastorza est intouchable dans les quinielas de Miami, il restera l’homme à abattre dans les parties du Pays Basque.
Le Jai Alai de Miami, une expérience extraordinaire
O.I.
Parti à un âge difficile, à 22 ans, en grande partie parce qu’Irastorza avait tout remporté chez les amateurs, un titre de champion du monde à la clé, le puntiste de Bidart ne visait pourtant qu’une "nouvelle épreuve" dans le Jai Alai de Miami. Avec le recul, il se rend compte que cette décision est devenue "une expérience extraordinaire". "Au départ j’étais parti pour un simple essai. Pour un an, avant de voir comment ça se déroulerait. J’ai passé huit ans et depuis, j’ai été tous les ans le numéro un". À partir de là, si vivre loin de son Bidart natale n’a pas toujours été un choix facile à faire, notamment dans les premières années, les conditions sont quand même acceptables : "Il fait beau toute l’année, le cadre est magnifique... cela dit, ça fait quand même du bien de rentrer l’été. Car il ne faut pas croire que Miami est un paradis" s’explique-t-il. "On joue tous les jours, ce qui en soit n’est pas une tare pour moi dans la mesure où l’on faisait déjà en Sport-Etudes, mais on a la pression journalière, le besoin de gagner tous les jours, le respect au parieur..." Et en effet, le rythme d’un puntiste à Miami est plutôt soutenu. Il joue tous les jours de la semaine excepté le mardi, de 14 heures à 18 heures et les mercredis, vendredis et samedis, il ajoute une autre séance nocturne de 21 heures à 1 heure. Pas trop de temps de s’entraîner à côté donc, même si Irastorza aime bien entretenir sa forme le matin : "J’ai la chance d’habiter dans un endroit où il y a une salle de gym, et j’essaye de faire un peu de renforcement musculaire trois fois par semaine". Seul hic, depuis quelques années déjà, les gradins des Jai Alai américains sont plutôt vides, et pour cause, les paris se font désormais par satellite ou par internet, sans véritablement suivre le cours du jeu. Un aspect qui ne bouleverse pas Irastorza outre mesure. Compétiteur né, dès qu’il rentre dans la cancha, il a les idées très claires : "La compétition est comme ça, un point c’est tout. J’essaye de faire abstraction et une fois que je suis dedans je ne pense qu’à donner le meilleur de moi-même".
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