Oscar D’LEON / Chanteur
Le Lion vénézuélien rugit aux Extravagances
C’est un spécimen rare, très recherché, que les
Biarrots présents aux Extravagances vendredi dernier ont eu la chance
d’entrevoir. Telle une étoile filante, Oscar D’Leon a brillé de ses meilleurs
feux sans même nous laisser le temps de faire le souhait de le revoir. Il faut
dire que ce " sonero" vrai de vrai, on l’aurait écouté pendant des heures. Le
lion (et ce n’est pas un surnom), roi du son vénézuélien, fait partie d’une
espèce en voie de disparition terriblement résistante à l’attraction fatale de
l’effet "commercialisation" des musiques latines, à l’influence néfaste que peut
avoir sur l’ego une renommée internationale, aux effets irréversibles de l’âge
sur la créativité et l’auto-complaisance. Ce jeune gaillard de 63 ans, dont
l’irrévérente moustache provoque un crâne reluisant comme un soleil, n’a rien
perdu de son talent, spontanéité et vitalité qui ont fait sa gloire quand je
n’étais pas encore née. Frais comme une rose après une heure de spectacle,
capable d’empoigner sa contrebasse tout en effectuant une complexe chorégraphie
"salsera" et en entonnant une mélodie d’une voix brillante ; corps d’Apollon,
charmeur au sourire vrai (on en oublie les nageuses de natation synchronisée et
autres Ricky Martin) ; Oscar D’Leon dit : "je ne vis pas de la musique, je vis
pour elle" et ça se voit. Son, salsa, merengue, cumbia, bugalú, rien ne lui
résiste. Dans son set, quelques reprises signent ses influences majeures : Celia
Cruz, Tito Puente, Beny Moré et... Elvis Presley. Un conseil : ne passez pas à
côté de son dernier album Así soy... encore tout chaud sorti du four, car si
vous espérez le voir "en vivo" il vous faudra courir vite...
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