La compagnie de danse luzienne Elirale achevait hier une résidence de création à la maison des associations "Jauregi" d’Ascain. Cinq jours de face-à-face entre la chorégraphe et son danseur. Pantxika Telleria a quitté le Conservatoire de Paris pour fonder sa compagnie il y a six ans. Sébastien Bertaud y danse toujours. Mais voici quelques années que leurs trajectoires se mêlent. Au fil des créations dont elle lui confie l’interprétation, solos, pas de deux, pas de trois... une amitié a pris corps. Littéralement, car le corps est l’objet et le sujet de leur vie de danseurs. A 800 km de distance, une correspondance s’échange, de plus en plus fournie : lettres, dessins, photos. Un véritable journal intime, qui devient d’un commun accord la matière première d’une "Il s’agissait d’inverser la vapeur", explique Pantxika : le danseur n’est plus seulement l’interprète mais le co-créateur. L’intervention de la danseuse Célia Thomas, assistante-chorégraphe, permet une triangulation plus distanciée.
Un livret synthétise la correspondance et puisque cette matière est polymorphe, Pantxika décide d’aller jusqu’au bout : sa nouvelle création sera une performance liant la musique, la danse, les arts plastiques, la vidéo.
Voici le duo entouré de Ion Alberdi, bassiste qui compose la musique, et de Sylvestre Gobart, plasticien bayonnais qui, autour de photographies prises par Sébastien, est chargé de filmer le work in progress. Car la performance sera d’autant plus éphémère qu’elle se déroulera dans des lieux inhabituels.
Aussi, le vidéaste pourra-t-il projeter en direct les réactions du public capté. L’"attentat culturel" que constitue le fait d’envoyer à la tête du public un solo de danse contemporaine, ne manquera pas de provoquer des réactions qu’en parfaits artistes contemporains, l’équipe compte intégrer à l’¦uvre. Le solo se produira les 3, 4 et 5 août, "quelque part sur la Côte basque" et à 23h22. Indices : ce soir ce sera sur un passage clouté, vendredi dans un bar et samedi dans une boîte de nuit.