Cela devient un rituel, tel un métronome les chiffres du chômage baissent de manière constante. A quoi tient ce miracle. Avec une inflation qui ne permet pas de créer des emplois, le gouvernement a axé sa stratégie sur la gestion statistique du chômage, les contrats aidés et le contrôle des chômeurs comme des Rmistes, ce sont souvent les mêmes, les sanctions.Le magicien Borloo a inventé une panoplie de "contrats aidés" et précaires qu’il adapte régulièrement mais qui ne résolvent en rien le problème de l’emploi dans sa globalité et sur le fond. Ces contrats ont renforcé le contingent des travailleurs pauvres. Au bout c’est l’ANPE.
Ces contrats coûtent cher à la collectivité et grèvent, par le manque de cotisations, le budget du régime général d’assurance avec les multiples exonérations de charges.
La gestion statistique se fait à travers ces contrats, mais pas seulement. Seuls les demandeurs d’emploi en catégorie 1 sont comptabilisés pour la publication des chiffres officiels alors qu’il existe pas moins de huit catégories. Il suffit de travailler quelques heures et l’on passe de la catégorie 1 à la catégorie 5.
D’autre part, plus de 400 000 personnes sont dispensées de recherche d’emploi en raison de leur âge alors que l’on parle de l’emploi des seniors. Ainsi, elles ne sont pas elles aussi comptabilisées.
Les arrêts de recherche (maladie, maternité, retraite), les radiations sont toujours en augmentation*.
Le gouvernement et monsieur de Villepin jouent l’apartheid social. Les demandeurs d’emploi des territoires d’outre mer ne sont pas également comptabilisés, environ 300000, seuls le sont ceux de la métropole.
La loi de décentralisation concernant le RMI n’a rien arrangé. Bon nombre de Rmistes ne s’inscrivent plus à l’ANPE. Ces mêmes Rmistes sont contraints d’accepter ces emplois aidés sous menace de suspension de leur allocation. Nous avons eu à connaître des cas récemment. Nous mesurons les limites de cette loi qui accorde des pouvoirs exorbitants aux Conseils généraux.
Alors, monsieur de Villepin il n’y a pas lieu de pavoiser avec ces résultats en trompe-l’¦il. Personne n’est dupe. La réalité elle est tout autre et elle est criante. Enfin, que le premier Ministre se méfie à trop vouloir réduire le taux de chômage ce sont les entreprises qui vont se manifester.
En effet, Le NAIRU**, le taux de chômage en dessous duquel il ne faut surtout pas descendre, est le Diable Moderne : le chômage qui en résulte sert avant tout, et délibérément, à faire peur aux citoyens et aux salariés. Afin de les rendre plus dociles... A chaque époque son Diable et ses formes de contrôle social. Les discours actuels sont à la culpabilisation de ces "fainéants de chômeurs", qui ne penseraient qu’à frauder le système. Soyez sérieux, arrêtez de mentir !!
*Chiffre de juin 06 : 43 707 radiations = moins 26 500
chômeur-ses. 7 600 radiations de plus en 1 mois, en hausse de 9% en 1 an, sans
parler des "absences à contrôle"...
**NAIRU acronyme anglais: Non Accelerating Inflation Rate of Unemployment, littéralement le "Taux de chômage qui n’accélère pas (n’augmente pas) l’inflation".