Gara: Latest news - Printed edition  |  Le Journal |  Documents
 
EUS | ES | FR | ENG
 » PRINTED EDITION
  - Index
  - Sujet à la une
- Basque Country
- Local
- Opinion
- Culture
- Sports
 » DOCUMENTS
 » Hemeroteka
Le JPB > Pays Basque 2006-08-03
Les fêtes de Bayonne, une dimension culturelle pour le meilleur et le pire
·La 74e édition des fêtes de Bayonne a débuté hier soir sous de bons auspices

La 74e édition des fêtes de Bayonne s’annonce sous de bons auspices. Vu du balcon, tout semble réglé comme une horloge et les Bayonnais sont désormais en possession des clés de la ville.

Il y a des signes qui ne trompent pas. Mardi soir déjà, des groupes disparates en rouge et blanc arpentaient les rues de Bayonne. Quelques restaurants faisaient le plein et des jeunes, déjà équipés de bouteilles de plastique, ont même trouvé le moyen de prendre un avant-goût des fêtes en musique, jusqu’à une heure tardive de la nuit. Une impatience qui trahit peut-être la méconnaissance de l’ampleur qui suivra. Pour ce qui est de la sécurité, on le sait, le dispositif est cette année "renforcé" et "amélioré". Pour le reste, on parle de plus en plus d’une dimension culturelle à saisir, pour le meilleur et pour le pire. Pour le pire, lorsqu’elle est un passe-droit toléré et que les seules limites sont celles des abreuvoirs qui jalonnent les rues. Pour le meilleur lorsqu’il s’agit d’introduire l’idée d’un "savoir-fête" et d’une authentique éducation à la fête.

Pour le sous-préfet de Bayonne, Pierre-André Durand, la question culturelle des fêtes est aussi liée à un regard de tolérance qui prône la démesure et le "lâchage" total et parfois coupable. Pour les prévenir et les guérir, il a déployé 500 fonctionnaires de police, gendarmerie et douanes pour la surveillance et le contrôle des fêtes. Dans la nuit, les contrôles de voitures et les tests d’alcoolémie des conducteurs seront quasi systématiques à certaines heures, tandis que six équipes de la brigade anticriminalité se baladeront dans la fête, déguisées en rouge et blanc. Mais pour Pierre-André Durand, il faut aussi "faire évoluer ce regard sur la fête" dans l’espoir de "consolider et civiliser la fête". Selon lui, les mesures de bon sens se heurtent aussi aux mentalités. Il en veut pour preuve cette levée de boucliers l’an passé, lorsque les autorités ont imposé un Œcessez-la-fête’ pour casser la fête non-stop et pour éviter les abus liés à l’excès d’alcool. Une indignation notamment des peñas qui "avait changé dès le lendemain" commente le sous-préfet, à l’image du président du groupement des associations bayonnaises, Gorka Roblès, chef de la contestation et finalement satisfait après les fêtes, la mine penaude et la voix cassée.

En contrepoint, on prône, au sein de l’organisation, une éducation à la fête. Coincé entre deux vastes abreuvoirs, le fêtard invité peut souvent, il est vrai, se retrouver à court d’idées, avec, pour seuls horizons, des verres en plastique dont le contenu a connu l’inflation.Aujourd’hui, comme chaque jeudi des fêtes, le programme s’ouvre aux enfants auxquels on apprend justement à faire la fête.Un Œsavoir-fête’ qui s’apprend justement au fil "d’activités de grands adaptées aux petits".Ils sont entourés d’éducateurs d’expérience, depuis les peñas comme Betisoak, aux associations qui composent cette année le Karrikaldi et même, nouveauté des fêtes, des enseignes privées M&M’s, Perrier, Quik et du premier régiment RPIMA.Drôles de tuteurs, qui ont même suscité débat au sein du Conseil municipal lorsque l’élu abertzale Xabi Larralde s’est indigné de la présence des bidasses.Le maire l’a assuré en retour que ces enfants ne se livreraient pas à des actes de Kale Borroka.



Karrikaldi, le chant et la danse prennent leurs aises
De l’avis de tous, le dantzazpi était un peu à l’étroit sur la place Monteau. D’autant que la place est promise à se réduire pour y ériger deux immeubles. L’événement traditionnel de chant et de danse basques va donc pouvoir prendre ses aises dès ce soir et jusqu’à dimanche, Place Jacques Portes. Les inconditionnels de Dantzazpi et de Baionan Kantuz, de plus en plus nombreux, se retrouveront pour un nouveau rendez-vous, au pied du Chateaux-Vieux, appelé Karrikaldi, Œautour de la rue’.

Depuis près de dix ans, le renouveau des danses traditionnelles et l’engouement pour les rendez-vous mensuels de Baionan Kantuz dans les Halles attirent des centaines de personnes. Sur cette nouvelle terre d’accueil, la formule enrichie se tiendra du jeudi au dimanche et débute dès 16h30 par des spectacles de danses et de chants traditionnels. Et dès 19h, le public spectateur devient acteur avec Dantzazpi et Baionan Kantuz. Les représentations qui précèdent les danses et les chants basques seront chaque jour différentes, avec notamment des troupes de Pologne (vendredi) et de Sicile (samedi). A 17h30, un ŒKantua’ sera l’occasion d’apprécier des chants basques avec notamment Amaren Alabak, pour défendre les couleurs de la Soule, et même les joteros de Pampelune du groupe Raices Navarra. La journée d’aujourd’hui est bien sûr dédiée aux enfants avec les danseurs en herbe d’Orai Bat qui seront suivis des Bertsulari Gazteak, jeunes improvisateurs qui se lancent dans des joutes orales. Dès 19h, le dantzazpi mettra trout le monde d’accord, au pas du Mutxiko.

L´idée d´un village des associations fait son chemin

Décongestionner les fêtes. Devant leur succès grandissant, et leur engorgement sur certaines zones et à certains moments, l’idée de créer un village associatif sur un nouvel espace continue son bonhomme de chemin. A ce jour cependant la ville de Bayonne réaffirme son opposition. Henri Lauqué, président délégué de la commission extra-municipale des fêtes est "contre". "Tant que l’on peut, je suis pour garder le caractère traditionnel des fêtes qui sont un itinéraire, en un même lieu, et je ne suis pas pour les décentrer comme à Dax." Henri Lauqué ajoute que l’espace d’un tel lieu ferait défaut, même s’il indique que le mail Chaho-Pelletier pourrait éventuellement faire l’affaire.

Pourtant les arguments qui plaident en la faveur de cette proposition ne manquent pas. Il y a d’abord les exemples comparatifs, que l’on peut trouver également hors des Landes, en particulier Outre-Bidassoa.

A Pampelune, les "barracas" ont disparu malgré la protestation des nombreuses associations militantes. A Bilbao, les "txosnas" participent du c¦ur de la fête. Plus près de nous encore, les villes d’Anglet et de Biarritz ont ces dernières années mis en place des "casetas" qui constituent la fête à elles seules.

A Bayonne, le Groupement des associations bayonnaises (GAB) a soutenu cette idée l’an dernier par un courrier au maire de Bayonne. Demande réitérée pour cette édition pour la création d’un tel "village" aux Allées Paulmy.

Les peñas aux locaux parfois exigus y trouveraient là un espace plus conforme à leurs activités. Sans parler des nombreuses associations bayonnaises ne disposant pas de casemate, qui pourraient ainsi trouver une source de financement non négligeable à leurs activités, en même temps qu’un encouragement à étoffer un programme des fêtes par leurs animations.

Outre l’argument pécuniaire, c’est aussi sur le terrain de la sécurité des fêtes que la proposition dépose ses atouts. On peut avoir en mémoire les difficultés de circulation des services de secours dans certaines rues dues à une trop forte concentration et immortalisées par le documentaire de M6 au début des années 2000. L’opposition municipale abertzale Baiona Berria avait ainsi l’an dernier dénoncé l’attitude de la mairie qui "semble tenir à concentrer les fêtes dans le centre ancien malgré les dangers qui en découlent". Ces dernières années, c’est toute l’opposition municipale qui plaide pour un étalement géographique des fêtes. Idée qui a eu quelques échos auprès de la mairie qui développe cette année un peu la programmation du côté du quartier Saint-Esprit (avec un bal chaque soir). En attendant peut-être celle d’un village associatif.

Laborantza ganbara en appétit

Ce n’est pas une erreur de calendrier, car le roi Léon s’invitera bien du 2 au 5 novembre au futur Salon de l’agriculture de Bayonne ‹idée originale de Laborantza ganbara reprise par l’association Lurrama La ferme Pays Basque‹, en même temps que sous nos assiettes durant les fêtes. Pas moins de 10 000 sets de table ont été distribués aux restaurateurs bayonnais avec la griffe inspirée de Duverdier.


 
Print
 
...More news
Sujet à la une
Les vacances studieuses des puntistes "Américains"
Pays Basque
La presse en euskara veut être prise en compte
Pays Basque
La plateforme 18/98+ demande de clore le procès et de classer l’affaire
Culture
L’intimité entre danseur et chorégraphe se joue quelque part à 23h22
Culture
La tête dans les étoiles pour la troisième journée du festival de Basse-Navarre
Culture
Double anniversaire pour la Quinzaine musicale
Sports
Waltary et Irujo font sensation
Pays Basque
Les fêtes de Bayonne, une dimension culturelle pour le meilleur et le pire
  © 2006 Baigura | Contact | About us | Advertise