Wanted : Matthew Herbert hérétique du jazz au festival de Donostia
Un hérétique du jazz "bien rangé", provocateur et britannique de surcroît, est recherché par les autorités pour être brûlé Place de la Trinidad à Donostia, lieu du crime commis mardi soir par lui-même et ses acolytes, un Big Band diabolique composé de pas moins de quatre trompettistes et autant de trombonistes ainsi que cinq saxophonistes, un contrebassiste, un pianiste et deux chanteurs. Signes particuliers : costume noir, chemise blanche, look BCBG politiquement correct.Accusations : Herbert et son Big Band ont déchiré en public plusieurs exemplaires du journal La Razón pour en sampler le son jubilatoire et en faire une bataille de boules de papier (à leur âge...). Cet alchimiste du sampler a également piraté le son d’un ballon qui se dégonfle pour en faire un hymne au pet-jazz. Mais le plus terrible est que ce cancre, loin de tourner le dos à ses origines jazz/classique, sublime le genre en n’en gardant que le meilleur: rien n’est en trop, la perfection technique des musiciens est subordonnée à la beauté du coeur, à la force des tripes, à l’omniprésence du rythme. Il a réconcilié le jazz avec ses racines canailles et son sens de la dérision. Ses créations avant-gardistes sont déjà des classiques. Bref, au cas où ce sorcier génial n’ait pas encore frappé à vos oreilles, il est temps de rattraper le temps sur le site www.matthewherbert.net.
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