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Le JPB > Pays Basque 2006-07-20
Le Conseil général prend le train du sauvetage de la ligne de Garazi
Bernard Auroy, maire d'Ustaritz, souhaite repenser et relancer la ligne Bayonne-Garazi actuellement laissée à l'abandonLe développement de la ligne serait une solution à la problématique des transports dans le cadre de Pays-Basque 2020

Lors d’un point presse au Conseil Général hier après-midi, Jean-Jacques Lasserre et Bernard Auroy ont lancé officiellement le projet d’une ligne Bayonne-Garazi comme vecteur essentiel du développement du Pays Basque. "Passer d’une stratégie d’abandon à une stratégie de conquête", ce sont les mots de Jean-Jacques Lasserre, à propos de la stratégie à adopter concernant la ligne de train Bayonne­Garazi. Le président du Conseil Général a voulu enchaîner sur l’initiative lancée par Bernard Auroy, maire d’Ustaritz, sur la nécessité d’une réhabilitation urgente du train et de la voie, pour en faire un mode de transport alternatif à une route surchargée.

Bernard Auroy avait auparavant envoyé un courrier à Michel Boyon, président de Réseau Ferré de France (RFF), ainsi qu’à Dominique Perben, Ministre des Transports, indiquant l’état de détérioration de la voie ferrée et de la nécessité d’offrir à la population un service efficace sur cette ligne. Pour Jean-Jacques Lasserre, "on se situe exactement dans une des grandes problématiques, qu’est le transport, et que nous devons traiter dans le cadre de Pays Basque 2020".

Une voie dégradée

"L’état de la voie est complètement dégradé et RFF, qui est chargé de la maintenance, ne fait aucun entretien. Du coup, pour des raisons de sécurité, la vitesse limite du train a dû être abaissée à 40km/h, cette lenteur ne correspond plus à la mission d’un service public de transport en commun", pour le maire d’Ustaritz. Il est vrai qu’aujourd’hui aucune politique de correspondances horaires entre les TGV et les trains régionaux, TER, n’est appliquée. Il n’est pas rare de voir un train partir pour Garazi alors qu’un TGV arrive 10 minutes plus tard en gare de Bayonne. Pour Jean-Jacques Lasserre, "il est clair qu’aucun effort n’est fait pour rendre la ligne viable. Tout semble fait pour la discréditer." Bernard Auriol poursuit, non sans ironie, "le déficit annoncé est ubuesque et ne veut plus rien dire. À croire que l’on fait payer à cette ligne toutes les retraites de la SNCF. Il est temps pour nous d’avoir une étude et un chiffrage exacts de la situation."

Le Pays Basque a la chance d’avoir une voie ferrée déjà construite, et "quand on voit la complexité des débats pour la construction d’une voie, on ne mesure pas à sa juste valeur la chance d’en avoir une existante", selon Jean-Jacques Lasserre.

Créer des partenariats

S’appuyer sur l’existant, étudier en profondeur les possibilités et passer à la réalisation, voilà ce qu’envisagent le Président du Conseil général et le maire d’Ustaritz. "Pour la première étape se pose le problème du partenariat avec les acteurs concernés, l’Etat, la SNCF, RFF, le Conseil Régional, le Conseil Général, le Conseil des Elus du Pays Basque et bien sûr la CABAB", selon Lasserre, "et je vais m’attacher à construire ce partenariat indispensable à la conduite du projet", poursuit-il. Une étude, "sans doute lourde et coûteuse", devrait être rapidement mise en place.

Une étude sur l’aspect financier pour mettre la voie aux normes, connaître les fréquences et les dessertes pour rendre la ligne intéressante, ainsi que la façon dont doit être opérée l’arrivée de la ligne sur Bayonne. Sur ces deux derniers points, le maire d’Ustaritz a déjà sa petite idée, "nous avons un exemple qui marche proche de nous avec le Topo qui relie Hendaye à Saint-Sébastien. Nous pourrions faire un équivalent ici avec des arrêts fréquents à Cambo, Larressore, Jatxou, Villefranque.... pour desservir tout le monde. En aménageant bien évidemment des parkings d’accueil à proximité de ces gares pour que les usagers puissent y laisser leur véhicule. D’ailleurs les PLU (Plan Local d’Urbanisme) prévoient ces créations. Pour l’arrivée sur Bayonne, je pense que le Camp de Glain serait un bon site d’arrivée du train." La route sature et le train serait une bonne solution. La population importante qui emprunte la départementale 932 s’en rend compte tous les jours, "il y a cinq ans c’était un problème lointain, aujourd’hui c’est un problème urgent".

On savait que le problème de cohérence entre transport et urbanisme était un enjeu pour les grands centres urbains. C’est aujourd’hui aussi une problématique pour les plus petits bassins de population comme au Pays Basque. Une bonne exploitation de la ligne Bayonne-Garazi permettrait de résoudre en partie la problématique d’accès à Bayonne par la 932. Privilégier le transport alternatif semble une bonne solution, encore faut-il que les institutionnels arrivent à un accord et que la population soit prête à délaisser la voiture. Dès aujourd'hui, Jean-Jacques Lasserre devrait en parler avec Christian Estrosi, Ministre délégué à l’aménagement du territoire, en visite au Pays Basque aujourd’hui.


"Rien n’empêche le département d’investir"

Le Conseil régional prend en charge le matériel roulant, RFF l’entretien des lignes et la SNCF l’exploitation. Devant le délabrement de la ligne (rails, remblais, ballastes, caténaires et même les "ouvrages d’art" comme certains ponts) Jean-Louis Carrère, 1er vice-président d’Aquitaine ne décolère pas contre RFF qui "plutôt que d’investir, préfère pénaliser les usagers en imposant en avril une limitation de vitesse, faisant notamment perdre une correspondance avec le TGV". Un courrier a ainsi été adressé au Premier ministre, à la direction de RFF et à la SNCF. Le Conseiller régional en charge des infrastructures fait remarquer au passage que la ligne avec 4 allers-retours par jour (5 en été) est tout de même empruntée par 60 000 passagers par an, et que sa fréquentation a augmenté de 8% de janvier à juin 2006. Et d’envoyer une pierre dans le jardin de Jean-Jacques Lasserre, en écartant un possible débat sur la compétence du Conseil général. "A partir du moment où il s’agit d’une liaison intradépartementale, d’intérêt local, rien n’empêche, en droit, le Département d’investir". Ce à quoi s’est déclaré prêt le président du Conseil général, en marge de sa conférence de presse.


 
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