Rabih Abou-Khalil / Ruée au jazz
A Bayonne, le "jazz" se rue dans les préjugés
C’est une soirée onirique que nous ont offert samedi dernier les magiciens Renaud Garcia-Fons / Kiko Ruiz en duo et Rabih Abou-Khalil Quintet en nous invitant à l’auberge, fût-elle andalouse, arabe, méditerranéenne... First but not least, Renaud Garcia-Fons, Parisien d’origine catalane, mais avant tout contrebassiste de génie, d’une virtuosité surprenante, capable de faire sonner son instrument comme une guitare andalouse, un guembri berbère, une viole, un violon perseŠ Kiko Ruiz, guitariste gitan et andalou doué d’une force d’expression que seule sa technique peut dominer. Entre les deux, l’étincelle, une fusion corps et âme vouée au lyrisme et au plaisir d’être ensemble, de tout donner. Bref, un vrai moment de bonheur. Rabih Abou-Khalil, maître du Oud (instrument de composition arabe, comme la guitare l’est pour la musique occidentale) et grand explorateur des musiques instrumentales, flanqué de ses acolytes Luciano Biondino, accordéon, Gabriele Mirabassi, clarinette, Michel Godard, tuba, Jarrod Cagwin, batterie, tous plus talentueux les uns que les autres, nous ont servi sur un plateau une vraie fusion, cohérente, vivante, humaine, un bazar organisé et plein d’humour. Merci à eux et au festival de nous rappeler qu’on peut se frotter à d’autres cultures sans pour autant perdre la sienne, que le jazz, sans majuscule, peut être autre chose qu’un laboratoire où l’on distille des musiques dites traditionnelles ou régionales pour en faire des liqueurs savantes, cultes, qui au passage perdent toute leur consistance et saveur.
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