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Le JPB > Culture 2006-07-19
Des petits riens qui font le grand Mozart
·Le Ballet Biarritz présentera demain soir Mozart ballets, deux créations qui louent l’amour et la légèreté du compositeur

On savait Thierry Malandain occupé à donner un grand coup de ballet dans un répertoire oublié.Celui de la naissance du Ballet d’action, à la fin du XVIIIe siècle, lorsque la danse s’intéresse aux préoccupations des hommes.Dans cette veine, Le Centre Chorégraphique National de Biarritz avait présenté au public basque, en février dernier, deux créations, un vigoureux Don Juan, inspiré de la partition écrite en 1771 par Christoph Willibald Gluck et la mise en scène du chorégraphe Gasparo Angiolini et des Petits riens, chorégraphiés par Jean-Georges Noverre en 1778 sur la musique d’un certain Wolgang Amadeus Mozart.C’est ce Mozart, dont on célèbre encore le 250e anniversaire de la naissance, qui aura les honneurs du Ballet Biarritz, demain soir au théâtre du Casino municipal de Biarritz.Un spectacle court dans lequel on retrouvera Les petits riens (25 minutes), précédés d’un Mozart à 2 (30 minutes), danses de couples qui donneront le tempo d’un amour léger, virevoltant et nuancé.

Sensualité et humour

On avait déjà compris, lors du festival de danse Le Temps d’Aimer, que les chorégraphies donneraient le change pour l’anniversaire de Mozart, dans l’esthétique léchée de la création WAM de la compagnie Aterballetto. Cette fois, Thierry Malandain, de retour du théâtre de Chaillot à Paris, propose la fraîcheur, la sensualité et l’humour qui vont bien avec l’été au Pays Basque.Les petits riens s’ouvrent sur un étrange contre-jour, où les silhouettes des danseurs s’animent comme des notes sur une partition, pantins dictés par un Mozart jeune et par les règles d’une chorégraphie moderne.Un "charmant" rafraîchissement, par ces temps caniculaires, qui a déjà fait mouche en février à Biarritz, en louant les petits délices de l’amour au lieu de ses souffrances.Dans le jargon poétique, on appelle cela un goût anacréontique.Pour le chorégraphe Thierry Maladain, il s’agit avant tout d’un "divertissement cultivant une paix factice, comme le voulait parfois l’art français au XVIIIe siècle" avec costumes attribués à Louis Boquet et anecdotes se rapportant à la première parisienne. On se croirait projeté dans le bestiaire de Marie-Antoinette, protectrice de l’auteur, avec ces Cupidon, bergers, bergères, oiseaux et les fameux moutons de la reine.

Mais contre la tentation d’une lecture strictement musicale ou narrative, et sans repères précis de la chorégraphie de Jean-Georges Noverre, Thierry Malandain a choisi de s’amuser d’une danse à l’autre, proposant justement une suite de petits riens précédant la représentation de l’¦uvre de Noverre. On est donc avant que le rideau ne se lève.Quelque part dans les coulisses, les danseurs se transforment, battent des ailes, expriment la grâce, l’audace, l’humour pour décliner les sentiments bien connus des amoureux, le taquinage, la béatitude ou la certitude.

Des sentiments qui sont d’abord exprimés sans efforts par la musique de Mozart qui offre toute la gamme des émotions humaines.Car en retour, le Mozart à 2 est moins enchanteur et préfigure des amours meurtries.Cinq couples, entre passion et tourments, parcourent la "Carte du Tendre" qu’élaborèrent les beaux esprits du XVIIe siècle. Une danse qui oscille entre la fête du bal et la solitude qui peut survenir ensuite. Un spectacle tiré de concertos pour piano de Mozart, qui, en 1997, permirent de créer les duos d’un spectacle intitulé Bal Solitude. Il s’agissait alors de rendre compte d’épisodes amoureux dans le contexte d’un bal, avec ses moments de fête exaltante et ses déboires amoureux. Le spectacle Les petits riens sera à nouveau présenté avec le Don Juan, les 9, 10, 11 août à la Gare du Midi de Biarritz.



Petits riens de Synopsis
Dans un ouvrage intitulé Jean George Noverre ­ Levain de la danse moderne, Maurice Chéruzel propose un synopsis de la pièce Les petits riens : "Le rideau se lève aux accents d’une marche tandis que des laquais allument les lustres et les chandelles. Un homme s’avance et annonce : "Les grands danseurs du roi se font l’honneur de représenter le ballet de Mr Noverre Les Petits Riens. Les principaux rôles seront tenus par Melle Guimard, Melle Allard, Melle Asselin, Mr Vestris, Mr Dauberval et les danseurs du roi." Après l’ouverture musicale, les laquais découvrent une vaste cage, à l’intérieur de laquelle sont perchés des oiseaux faisant triste mine. Entre Cupidon qui les libère avant de compliquer la vie des humains, car arrivent deux bergères. Elles sont bientôt suivies d’un berger. Cupidon décoche une flèche en direction d’une des bergères. Au même instant, le berger découvre son sein mettant son aveugle amoureuse devant l’évidence qu’il est aussi une bergère. Dupées, les deux femmes punissent Cupidon. L’épisode est passé, il ne reste plus qu’à se divertir. Et, dans une ambiance pastorale on improvise une partie de Colin-maillard".


 
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