Ethylisme, accidents, bagarres, agressions... les "effets pervers" des fêtes ne manquent pas, le dérèglement des sens étant rarement raisonné. Universel contraste du bonheur côtoyant le drame. Et cependant, il y a le "cas Bayonne", dont les fêtes accusent un étrange retard en termes de sécurité, comparées à des férias d’équivalente envergure. Sur le plan préventif, la Municipalité a enchaîné ces dernières années les initiatives, telles que le périmètre piéton il y a 5 ans, ou, l’an dernier, les mesures de lutte contre l’excès d’éthylisme (fermeture générale entre 3 et 9 heures du matin, interdictions de vendre de l’alcool dans les peñas dès 3 heures...). En contrepoint de la prévention, l’activité des secours n’est pas moins perfectible. C’est ce que déclare en substance le Commandant Patrick Geisler, dirigeant le groupe bayonnais du SDIS 64 (Service départemental d’incendie et de secours), lorsqu’il parle des nouvelles dispositions prises en 2005.
Depuis l’an dernier, les postes de secours avancés sont au nombre de trois, car un phénomène nouveau est apparu au fil des ans.La hausse spectaculaire de la fréquentation des fêtes est en cause, mais il y a aussi le comportement des fêtards : portable aidant, ils sont de plus en plus nombreux à demander une ambulance pour des problèmes qui peuvent être réglés dans les centres de secours.
Entre 2002 et 2004, le nombre d’interventions est en effet passé de 250 à 700. Pour expliquer le problème, le Commandant Geisler parle entre autres de "bobologie" car, selon lui par exemple, "il y a une différence entre être saoul et en coma éthylique."
D’autant que cette méconnaissance des dégâts se double parfois de légèreté : "appeler les secours, c’est souvent commode pour se débarrasser du copain malade et continuer tranquillement à faire la fête". Résultat : les ambulances se frayent souvent un passage laborieux pour trouver sur place une arcade sourcilière coupée. Non seulement la réactivité médicale est moindre (car fendre la foule sans dommage est très lent), mais les effectifs se dispersent.
Prenant exemple sur les férias de Nîmes ou de Pampelune, il s’agissait donc de hiérarchiser les assistances médicales. La création de nouveaux postes a permis l’an dernier de revenir à 500 interventions. Sans cela, les prospectives tablaient sur 850 interventions cette année.
Voilà longtemps que les fêtes donnent lieu à une collaboration accrue des différentes structures : pompiers, Samu, ADPC (Association départementale de protection civile). La Croix-Rouge gère le plus grand poste, brassant plus de la moitié des victimes, quand les Sapeurs pompiers s’occupent des deux autres.
Désormais, il s’agit d’informer la population de l’existence de ces postes de secours. Un travail déjà fait par le standard unique (15,17 et 18) qui jauge de la gravité des cas et le cas échéant réoriente les victimes.