 |
|
 |
 |
 |
L’instant d’une matinée, Cambo-les-Bains a vécu au rythme du Tour de France et de sa caravane
·La ville thermale a vu passer la "grande boucle" et toutes ses extravagances. C’est aussi ça le Tour de France
 |
Le grand cirque du Tour de France s’est retrouvé hier à Cambo-les-Bains pour une matinée entière, le temps pour la caravane du Tour de se rassembler en son village provisoire et de partir direction Pau, pour la première étape de montagne de cette "grande boucle" version 2006. La ville thermale avait mis à disposition des organisateurs du Tour, le site du stade municipal. Là se sont réunis l’instant d’une matinée tout ce que le cyclisme compte de "fans" dans la région, mais aussi de nombreux curieux. Pour accéder à la ville, vers 8h30, il valait mieux être muni d’un passe, tellement il était difficile de s’approcher au plus près du site en voiture. La foule était déjà présente tôt dans la matinée. Tous s’étaient précipités pour ne pas rater une miette de ce spectacle gratuit. À l’intérieur du village, les stands accueillaient leurs invités connus et inconnus. Des clients et des personnalités venus au rendez-vous pour discuter de vélo et entretenir les bonnes relations.
Des centaines de cadeaux
À l’arrivée de la caravane publicitaire beaucoup se précipitèrent vers ces chars ambulants dédiés à de grandes marques. Il faut avouer que cette institution, indissociable de l’événement, sait y faire pour attirer les foules : spectacle de magicien, jongleur, démonstration de vélo trial par un champion du monde, et bien sûr grande distribution, par de superbes hôtesses, de cadeaux à l’effigie des marques présentes. C’est que les entreprises doivent épater pendant le Tour pour fidéliser et attirer de nouveaux clients, afin d’amortir les quatre millions d’euros nécessaires pour être en première ligne du défilé. "Mais la place est très rentable pour ceux qui en ont les moyens. Cela a même beaucoup plus d’impact que certaines campagnes publicitaires à la télévision", selon le responsable d’une marque. Aujourd’hui, jamais la caravane publicitaire du Tour de France n'avait été aussi imposante. Créée en 1930, elle est désormais aussi, sinon plus, attendue que le peloton des coureurs. Pour la "grande boucle" 2006, la caravane publicitaire est constituée de 220 véhicules, 600 personnes participent à son animation pour le compte de 47 marques. Durant les trois semaines de course, plus de 14 millions de cadeaux devraient être distribués au public massé au bord des routes, ainsi qu’au départ et à l’arrivée des étapes. Après s’être arrêtée à Cambo, et avant que les coureurs n’arrivent pour les signatures d’avant départ, la caravane a pris la route de Pau afin de prendre l’avance suffisante sur le peloton. Alors le public du bord de route a pu apprécier vingt kilomètres de véhicules plus insolites les uns que les autres, décorés avec de la publicité, et un spectacle de près de 45 minutes.
Une organisation bien "huilée"
Comme une organisation bien "huilée", tout juste le dernier véhicule de la caravane publicitaire disparu, voilà le premier bus d’une équipe de coureurs qui fait son apparition. Le temps que la totalité des équipes arrive sur le parking du stade, la chaîne de télévision France 2 lance son émission "En attendant le Tour". Emission qui a pour principe de revenir sur l’étape passée, parler de celle du jour, mais aussi et surtout de rencontrer des personnalités locales, et découvrir la région et la ville qui accueillent le Tour. C’est ici que l’exposition médiatique pour Cambo-les-Bains est la plus intéressante. C’est maintenant que la ville doit mettre en valeur ses atouts, le thermalisme, Arnaga, le Pays Basque, la gastronomie, les fêtesŠParmi "les personnalités locales" reçues sur le plateau de télévision improvisé, Maïté. Figure du Sud-Ouest, la "mama" de la cuisine du terroir est venue faire là sa promotion habituelle. Comme l’emblème de la Française de souche paysanne (qu’elle est par ailleurs), Maïté est venue faire son numéro avec des cochons qui n’avaient sans doute jamais espéré être là, tout ça en direct sur France 2, et à deux pas seulement du stand d’une grande marque de saucisson distribuant gratuitement de ses petits morceaux de "goret". Tout un symbole ! Heureusement le sport reprend ses droits rapidement. Maintenant toutes les formations cyclistes engagées sur le Tour sont arrivées. Il est temps pour les acteurs de signer la feuille d’inscription comme ils doivent le faire avant chaque étape. Hier matin un seul coureur présent la veille ne se présentait pas à ce rendez-vous, le Français Laurent Brochard. Il officialisait là son abandon dans l’épreuve. L’autobus le plus entouré était bien évidemment les représentants du Pays Basque. L’équipe Euskatel Euskadi avait à Cambo la sympathie de la majorité des spectateurs. Equipe constituée de grimpeurs et d’une majorité de coureurs basques, il était naturel qu’à Cambo et pour la première étape de montagne les "orange" raflent les suffrages. Tout le monde était alors prêt à quitter Cambo. Il ne faudra pas longtemps pour que les traces du Tour de France s’effacent, et que la ville thermale retrouve son calme apaisant.
Kilomètre 17, la course s’arrête
Etape Cambo-les-Bains / Pau, une heure avant le passage des coureurs, au kilomètre 17 à la sortie du village de Louhossoa, un rassemblement s’organise. Des représentants pour un "Pays Basque libre" semblent préparés quelque chose. Pour nous qui sommes présents sur le lieu, cela paraît évident, mais pour les dizaines de voitures et de motos de gendarmerie qui défileront avant le passage des coureurs, le groupe aura l’air de simples spectateurs venus voir le passage du Tour. En bas de la grande ligne droite, un éclaireur est prêt à agiter un drapeau pour signaler le temps de l’action. Un autre sort une grande banderole ou il est écrit "freedom for the Basque Country" (liberté pour le Pays Basque). Alors que la course est déjà lancée, et que le peloton semble nerveux, avec plusieurs coureurs qui tentent de s’échapper, il est temps de traverser Louhossoa. À la sortie du village, les voitures des directeurs de courses pointent leur nez. Le drapeau s’agite, et le groupe de quarante manifestants se forme au milieu de la chaussée, arborant la banderole, afin de tenter de bloquer la course un instant, et de faire passer leur message. Pour éviter que les coureurs ne soient arrêtés, Jean-Marie Leblanc et Bernard Hinault se précipitent hors de leur voiture afin d’écarter les manifestants. Trop tard le premier coureur, Fabian Wegmann le numéro 47 de la Gerolsteiner s’enfonce dans la banderole. Heureusement sans mal. Après une petite minute, la course a pu reprendre son court normal, après que les autorités du Tour de France eurent bousculé les manifestants et arraché la banderole. Personne ne fut arrêté, et le groupe pouvait faire passer son message devant les télévisions et scander leurs revendications pour un "plus grand respect du Pays Basque". Les manifestants s’étaient réunis pour "protester symboliquement contre le mépris que les organisateurs ont montré envers le Pays Basque".
|
| |
|
|  |
|
 |
 |
 |
|