A Avignon, un In moins polémique et un Off divisé
Le Festival d’Avignon devait s’ouvrir hier soir, inhabituellement hors les murs de l’ancienne Cité des Papes, avec un spectacle de Bartabas inspiré par les Tziganes, illustration festive du "voyage et de la rencontre", thème de cette 60ème édition. Ce thème fédérateur du In (jusqu’au 27 juillet) est le choix de "l’artiste associé" 2006, le danseur et chorégraphe franco-serbe d’origine hongroise Josef Nadj. Cette personnalité qui aime marier danse, théâtre, musique et peinture, est a priori moins provocatrice que le chorégraphe-plasticien belge Jan Fabre, dont les options artistiques avaient provoqué de vifs débats dans le public et la presse en 2005. La tension cette année est du côté du Off qui a toutes les chances de troubler le spectateur avec deux associations distinctes revendiquant le droit au regroupement. D’une part "Avignon festival Off" (avec 642 spectacles recensés) et d’autre part "Avignon festival & compagnies" (850 spectacles et événements), avec chacune des dates différentes, respectivement du 6 au 30 juillet pour la première et du 7 au 29 juillet pour la seconde. Ce Off, comme chaque année, donne déjà sa coloration de juillet à Avignon avec calicots tendus et affichettes suspendues sur les facades, parades dans les rues et distributions de tracts par des comédiens costumés. Ce n’est qu’aujourd’hui que Josef Nadj entrera en scène avec Asobu, le premier des deux grands spectacles de la cour d’honneur du Palais des Papes. Il évoquera aussi sa passion pour les arts visuels et la musique à travers un deuxième spectacle, des expositions de photos et une programmation de jazz notamment hongrois. Eric Lacascade montera avec son Centre dramatique national de Caen Les Barbares de Gorki, la seconde création de la cour d’honneur. D’autres metteurs en scène notables sont conviés : Alain Françon avec Naître, Chaise et Si ce n’est toi du Britannique Edward Bond, le Russe Anatoli Vassiliev avec Mozart et Salieri de Pouchkine et une pièce d’après L’Iliade d’Homère. L’Argentin Marcial Di Fonzo Bo redonnera vie à l’univers de son compatriote et aîné Copi, notamment avec Les poulets n’ont pas de chaises et Loretta Strong.
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