7 juillet 1849 il y a 157 ans :
L'un de ces hommes que la providence semble préserver jusqu’à un âge avancé, pour la consolation des vieillards, s'est éteint à Saint-Just, mercredi dernier, à 105 ans. C'était le sieur Pierre Eyharabide, cultivateur, natif d'Ascarat, frère du premier curé de la cathédrale de Bayonne, après le concordat de Napoléon. Sa vie a été celle d'un bon paysan basque, sobre et laborieux. Il a vécu alité pendant deux ans, mais conservant toutes ses facultés intellectuelles. Il a été, comme il le méritait, l'objet de soins pieux de sa famille. A l'enterrement, son convoi était suivi du corps de l'une de ses voisines décédée à 95 ans. Pendant que les journaux s'occupent de la Californie et de l'or qu'on y trouve, des navires chargés de Basques partent, du port de Bayonne et du Passage, pour les rives de La Plata. A une autre époque, des journaux se plaignaient de ces émigrations qu'ils attribuaient au charlatanisme. J'aurais voulu avoir la conviction que ces plaintes n'étaient point dictées par la crainte de voir les gages des domestiques et les journées des ouvriers augmentés. Quoi qu'il en soit, l'émigration a repris plus fort que jamais, et je ne crains point d'affirmer que la cause en est dans l'exubérance de la population et dans cette misère qui atteint la classe ouvrière, malgré la baisse du prix des céréales.
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