La Maison des saisonniers joue l’Arlésienne
·La CFDT Pays Basque a lancé sa campagne d’information sur les droits des saisonniers
D’une pierre deux coups. Pour le lancement de sa campagne
estivale d’information des droits des saisonniers, la CFDT Pays Basque a choisi
hier de venir en train à St-Jean-Pied-de-Port. Une cinquantaine de militants ont
ainsi affirmé leur soutien au maintien de cette ligne menacée de fermeture. Et
que la cité de Cize, malgré des accueils plus que mitigés lors des étés
précédents, était un lieu où les employés saisonniers recevraient aussi le petit
livret (toujours illustré par le caustisme trash de Wuillement) édité par le
principal syndicat du Pays Basque. Et curieusement, c’est sans problème
particulier que les équipes de la CFDT Pays Basque ont sillonné la ville et
donné directement aux employés dans les hôtels, cafés et autres commerces ce
condensé rappelant le b.a-ba du droit du travail. Le fait que, par le plus grand
des hasards, l’inspection du travail ait choisi ce jour-là pour effectuer
quelques visites inopinées y est peut-être pour quelque chose. C’est en tout cas
l’hypothèse de Jenofa Lopeteguy, en charge de la campagne pour la CFDT Pays
Basque.
Le syndicat a ainsi rappelé que la saison estivale était
propice à nombre d’entorses aux "droits élémentaires des saisonniers". En
particulier en ce qui concerne les heures supplémentaires. Beaucoup pratiquées,
pas toujours rémunérées. J. Lopétéguy a ainsi rappelé que la semaine dernière le
Conseil des Prud’hommes avait condamné un employeur de Saint-Jean-de-Luz à payer
à une saisonnière les heures supplémentaires effectuées de mai à septembre 2006,
soit 5500 euros, en plus d’une indemnité pour non-respect de la convention
collective.
Ce rendez-vous a été l’occasion de constater que le
projet de Maison de saisonnier pour assurer leur hébergement était au point
mort. Depuis quatre ans que le sujet est évoqué. La demande de création d’une
telle structure d’hébergement a été renouvelée auprès des élus par courrier.
"Nous n’avons pas de réponse" déplore la responsable syndicale. "Travailler 12h
par jour puis dormir dans un camping sous la flotte..." pas vraiment une
sinécure. La CFDT Pays Basque estime que sur les plus de 5000 saisonniers que
compte la région, environ 20% trouvent leur logement en camping.
Autre actualité du moment, la CFDT insiste pour affirmer
qu’on ne peut pas faire de CNE aux saisonniers. Pour la campagne 2006, la CFDT
Pays Basque a pris rendez-vous avec l’Urssaf et la DDTE "pour voir ce qu’ils
comptaient faire comme type de contrôle cet été". En attendant, le syndicat a
programmé trois autres interventions du même type que celle d’hier. Le 18
juillet à Saint-Jean-de-Luz, à Hendaye le 3 août et à Biarritz le 17 août.
L’été dernier une quarantaine de saisonniers a pris
contact avec le syndicat. "Ce n’est pas beaucoup, vu ce qui se passe pour
beaucoup de saisonniers" constate J.Lopeteguy. Un chiffre néanmoins en hausse.
Contact au 06 08 41 99 69.
LAB aussi en campagne
Le syndicat LAB aussi a engagé sa traditionnelle campagne d’information auprès des saisonniers. En juillet et en août, le syndicat abertzale assurera des permanences trois fois par semaine à Bayonne (rue de Coursic) les mardis (10-12h), mercredis (11-13h) et jeudis (16-19h). A Saint-Jean-Pied-de-Port, la permanence sera assurée à la cité administrative les mercredis (15-17h) 5 et 19 juillet, et 2 et 23 août. A Hasparren, elles auront lieu à Xuriatea les mercredis après-midi du 12 juillet et du 23 août. En outre, le syndicat se déplacera directement auprès des saisonniers autour des plages luziennes et hendayaises le samedi 8 juillet, dans les rues garaztar le samedi 15 juillet, et autour des plages du BAB le lundi 31 juillet.
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