RFF doit revoir sa copie jugée incomplète
·La dernière mouture pour lancer le débat public devra être rendue le 26 juillet en incluant le volet environnement
Décidément, le débat public autour de la ligne à
grande vitesse Bordeaux-Hendaye a du mal à démarrer. Réseau Ferré de France
(RFF) a rendu sa nouvelle copie mercredi, mais la Commission du débat
particulier Bordeaux-Hendaye et la Commission Nationale du Débat Public l’ont
jugée incomplète, demandant à RFF de compléter le dossier avec les informations
sur l’impact environnemental du projet. Non pas que les études environnementales
n’aient pas été réalisées, puisqu’elles ont été faites en détail, mais RFF a
omis de les retranscrire dans le dossier qui doit servir de base au débat
public. "Le projet de dossier doit être complété en ce qui concerne les
questions environnementales (enjeux globaux et impacts sur les milieux naturels
et humains de la zone d’étude) afin de répondre pleinement aux attentes déjà
exprimées par les acteurs" souligne la Commission Nationale dans un communiqué
diffusé hier.
Dans les temps
Venus hier à Bayonne, où une antenne de la
commission du débat a vu le jour rue Marengo, Yves Mansillon président de la
Commission Nationale du Débat Public et Jean-Pierre Chaussade président de la
Commission Particulière du Débat Public du projet ferroviaire Bordeaux-Hendaye,
se sont voulus rassurants, précisant que RFF devra rendre sa nouvelle copie
complétée pour le 26 juillet, date à laquelle une session extraordinaire de la
Commission du débat national aura lieu afin que le dossier soit adopté et le
calendrier définitif fixé. Le dossier devrait être ensuite largement diffusé
afin que le débat s’amorce dès le début du mois de septembre, comme prévu (voir
notre édition d’hier).
Une nouvelle conférence de presse prévue le 30 août en
compagnie des responsables de RFF devrait lancer la discussion. Celle-ci durera
4 mois et prendra fin avec l’année 2006. Le compte-rendu et le bilan seront
réalisés pour la fin février, et RFF fera part de sa décision, au plus tard le
30 mai 2007. Le budget prévisionnel du débat est de 1,8 million d’euros pour
l’Aquitaine, à la charge de RFF.
Débat ouvert
Néanmoins, les responsables du débat public ont
insisté sur le fait que la discussion sera ouverte. Ils ont rappelé que la
Commission Nationale du débat public et sa déclinaison locale pour le projet
sont "neutres et indépendantes". Jean-Pierre Chaussade a précisé que le débat
sera mené de bout en bout. Il s’agira tout d’abord de déterminer le besoin d’une
nouvelle ligne, et de savoir si elle peut répondre aux objectifs fixés, celui
d’alléger le trafic routier pour le transférer vers le rail ou celui de
développer le transport régional. Devront ensuite être déterminés le tracé et
ses caractéristiques.
Les deux correspondants ont également indiqué que l’on
pourra procéder à des expertises soumises à des cabinets indépendants si une
demande en ce sens paraissait justifiée. Ces expertises complémentaires ne
pourraient se faire qu’au tout début de la démarche, afin de verser au débat les
conclusions de ces études.
Au bout de la consultation, RFF pourra prendre la
décision qu’elle jugera opportune, mais devra se baser sur les éléments du
débat, selon Yves Mansillon. Ainsi, ils ont indiqué que dans des expériences
précédentes, RFF a modulé sa première idée du projet en accord avec les idées
dégagées lors du débat. Enfin, ils ont souligné que plus la participation sera
importante et de qualité, plus elle pèsera sur la décision finale. Depuis
janvier, les membres de la commission du débat ont déjà rencontré près de 150
acteurs locaux, en préalable d’un échange qui s’annonce "très intéressant".
Un postulat
Le dossier étant incomplet, les responsables du débat n’ont pas souhaité s’étaler sur les détails du contenu. Néanmoins, Jean-Pierre Chaussade a remarqué le fait que RFF part d’un postulat ; celui de dire que la voie actuelle sera saturée en 2020. Raison pour laquelle RFF préconise la réalisation de nouvelles voies. Nouvelles voies en parallèle aux voies existantes par un doublement des voies sur le site (Bayonne-Biarritz-Bidart-Guéthary-Saint-Jean-de-Luz, Hendaye) avec toutes les difficultés que représente le doublement des voies en pleine zone urbaine, soit par la création de nouvelles voies plus à l’Est (Bayonne---Hendaye). Un postulat qui ne manquera pas de faire débat puisque les associations écologistes ne partagent absolument pas ce point de vue.
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