Les éditions Gatuzain publient un business de la guerre réactualisé
Irak, Afghanistan, Kurdistan, Indonésie, Congo, Angola, Mexique, Colombie, Guatemala, Yougoslavie.On en rit d’avance, à l’énoncé des destinations que proposent Dario Azzellini et Boris Kanzleiter dans cette nouvelle publication des éditions Gatuzain.Sauf que bien entendu, il ne s’agit pas de destinations de vacances mais d’étudier, au cas par cas pour ces 10 pays, Le business de la guerre, un exercice très lucratif et en constante mutation.Car les façons de faire la guerre évoluent. De nombreuses compagnies militaires privées s’ajoutent aux armées classiques. Paramilitaires, mercenaires et seigneurs de la guerre sont les nouveaux acteurs des conflits. Paradoxalement, la profession concourt avec une autre pour le titre putassier de plus vieux métier du monde.Et reprend du poil de la bête.On l’avait déjà vu au Fipa, à Biarritz, avec le film du Suisse Michel Heiniger sur la privatisation de la guerre en Irak.Dans ce livre, déjà traduit en plusieurs langues et réactualisé dans cette nouvelle publication des éditions bayonnaises, chercheurs, historiens et journalistes mènent l’enquête sur ces nouvelles compagnies militaires privées, qui ont pignon sur rue dans le monde entier. Coordonnée par le journaliste et historien serbe Boris Kanzleiter et son collaborateur habituel, l’écrivain, cinéaste, traducteur et chercheur allemand Dario Azzellini, cette investigation rappelle que la dispute des zones géostratégiques n’est pas toujours le principal enjeu. Les conflits se transforment, dans bon nombre de cas, en de simples business. Un apport économique supplémentaire, où les bénéfices se comptent en milliards de dollars. La compétition pour la gestion de l’aide humanitaire, pour la mainmise sur les ressources naturelles ou pour le contrôle de trafics variés, fait tourner la machine de guerre. Parallèlement, les conflits sont en mutation.La fréquence des guerres entre Etats diminue. C’est à l’intérieur des frontières qu’ont lieu les combats entre troupes régulières et irrégulières, et souvent contre la population civile, parmi laquelle le nombre de victimes augmente sans cesse, tandis que les secteurs militaires prennent de moins en moins de risques. Ceci expliquant également le recours à des compagnies privées, sociétés très bien payées qui dégagent les États des désastres électoraux d’une morbide comptabilité. · Le business de la guerre
Dario Azzellini et Boris Kanzleiter.Editions Gatuzain.162 pages. 16 euros.
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