Comme en 1986et en 2003, la ferme de Madouce et Mattin Etchecopar a encore été écartée du dispositif d’indemnité pour la sécheresse de 2005. Pas qu’elle ne le mérite pas ou qu’elle n’a pas réellement souffert mais simplement elle n’atteint pas le seuil des 14% de perte sur le revenu théorique de la ferme, qui donne droit à une aide de l’Etat."La dernière fois, nous étions à 13,99% d’après ces calculs théoriques et donc nous n’avons eu droit à rien. Si nous avions été à peine au dessus, nous aurions perçu toute l’aide. C’est injuste qu’il n’y ait pas de palier, comme si en ayant cotisé 39 ans au lieu de 40, nous n’avions droit à aucune retraite, c’est impensable", commente l’agriculteur de Gotein-Libarrenx. Il trouve la situation d’autant plus discriminatoire qu’il a souffert autant que ses voisins de la canicule 2005. "En outre, nous sommes la seule famille du village qui ne vivons que de l’agriculture. Les autres ont toutes un revenu d’un emploi à l’extérieur et ont perçu l’indemnisation sécheresse", souligne-t-il.
Sur sa ferme de 20 ha comptant 20vaches laitières, la famille Etchecopar a accusé une perte de 7000 euros suite à la sécheresse 2005. "Sur une petite exploitation qui ne vit que de sa production, ça déséquilibre la structure", affirme-t-elle. Comme beaucoup d’autres, elle a dû réaliser une ouverture de crédit pour faire face.
"Il faut que les politiques acceptent des dérogations pour rattraper les dossiers injustement écartés", estime Mattin Etchecopar en rappelant qu’une fois écartés du dispositif hexagonal, les agriculteurs ne peuvent accéder ni aux aides du Conseil général ni à celles du Conseil régional.
Au total, 871 agriculteurs basques et béarnais auraient été écartés des indemnisations de la sécheresse 2005 selon ELB. "Beaucoup sont en hors-sol donc c’est normal mais pour d’autres ce n’est justifié", avance Daniel Barberarena, responsable d’ELB. "En outre, les paysans n’ont aucune possibilité de recours puisque l’administration ne fournit aucune explication chiffrée justifiant l’exclusion", ajoute-t-il.
ELB va demander au Conseil général et au Conseil régional de prendre en compte ces "situations injustes".