Seaska : "l’Office Public est largement sous-doté pour une politique efficace"
"Si ce n’est pas pour 2006, ce sera pour 2007", a lancé Seaska hier. A la demande de la fédération des ikastola de financer deux postes d’enseignants, l’Office Public de la Langue Basque a en effet répondu que le budget 2006 ne le permettrait pas. "Notre demande de subvention correspondra au budget 2007 de l’Office Public, les postes créés apparaîtront sur le budget 2006-07 de Seaska", a souligné Isabelle Charritton.La fédération des ikastola "a bien noté que des aides allaient être apportées" pour des missions de conseil afin de mieux structurer son organisation. Des aides qui seront "les bienvenues" même si elles "ne répondront pas à la nécessité d’un financement beaucoup plus important du fonctionnement de la fédération" selon Seaska. La fédération estime que "l’Office Public est très largement sous-doté pour développer une politique de récupération linguistique globale et efficace, dans un tel contexte d’affaiblissement de l’euskara".
13 fois plus d’argent pour Diwan
Et de citer plusieurs exemples. "L’aide apportée pour notre fonctionnement par le Conseil Général et le Conseil Régional, relayée aujourd’hui par l’Office Public, n’a pas augmenté depuis plus de 10 ans", ont affirmé les ikastola en précisant qu’elle s’élevait à 95000 € soit environ 5% du budget de l’OPLB et moins de 10% du budget de Seaska."Notre budget est financé à près de 70% par les parents d’élèves", a indiqué la fédération. Elle a aussi indiqué qu’en Bretagne, Diwan, la fédération des écoles immersives en langue bretonne reçoit des collectivités locales une aide 13 fois supérieure à celle reçue par Seaska, pour environ 500 élèves de plus. "Grâce au fort engagement des collectivités locales bretonnes, les Diwan sont des écoles gratuites, ce qui est loin d’être le cas des ikastola et constitue une entrave à leur développement", selon Isabelle Charritton.
Jauger les avancées fin 2006
La fin 2006 et l’année 2007 seront "décisives" pour "jauger la volonté de l’Etat quant à la mise en ¦uvre d’une véritable politique linguistique, dont l’enseignement par immersion constitue un élément incontournable", a déclaré Seaska. La fédération compte mesurer la "valeur ajouté apportée par l’OPLB" à la réussite fin 2006 de la signature d’un accord avec l’Education Nationale sur les critères d’évaluation de ses besoins "en relation avec les objectifs linguistiques de Seaska". L’obtention de "financements significatifs" pour son fonctionnement sera la seconde condition que la fédération voudra voir satisfaite. Sans réponse positive à ces deux éléments, "cela signifierait que plus de 12 ans après la signature de l’accord historique entre Seaska et l’Education Nationale, il n’y aurait eu aucune nouvelle avancée sérieuse pour reconnaître et aider l’enseignement immersif en euskara" a estimé Seaska en ajoutant qu’il "serait alors certainement temps pour Seaska, de penser à changer de stratégie".
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