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Le JPB > Culture 2006-06-24
Échos de Contis

Pour ceux qui viennent pour la première fois, Contis, c’est les vacances. Un cinéma près de la plage, le soleil, des terrasses. Hier, la mer déchaînée, n’a pas dissuadé ceux qui avaient oublié leur maillot. Si beau le sable blanc pour y faire la sieste... Films, débats, spectacles et concerts, s’enchaînent. Ce coin des Landes donne l’impression de s’être rallié à un fuseau horaire inédit ; les retardataires n’arrivent plus jamais en retard, tout le monde attend tout le monde au bar du ciné, curieux des autres... les Brésiliens, d’Atibaia, les Allemands de Emden, la grande famille africaine et le public d’ici ou d’ailleurs qui devrait être plus nombreux ce week-end.

Mercredi soir, en soirée d’ouverture, Bernard Blancan, le fidèle Bordelais récemment distingué à Cannes pour le prix d’interprétation pour Indigènes, avec ses quatre complices, est venu présenter à la demande de Betty Berr, Scopitone, son blog vidéo, chanté, parlé joué... en cours d’écriture, avec quelque chose d’un Caubère d’avant le numérique. Blancan, avant Cannes et la renommée, c’est des années de théâtre à Bordeaux, suivi de nombreux rôles pour la télé et le cinéma depuis qu’il s’est exilé dans la capitale. Scopitone ? : "un regard d’entomologiste sur un individu acteur, ni plus ni moins ! Personne n’est exceptionnel. Je veux témoigner, montrer ce qu’est un acteur, sa vie, son oeuvre qui se construit au jour le jour, suivant les rencontres, le travail, les incertitudes." On l’a vu dans PJ, la série policière. Il en reprend une scène, dans un commissariat, entre un plaignant et des policiers. Rien de rare.

Allègre ou tendre

Il en joue, la revisite, la questionne, en analyse les niveaux de langage, reprend les dialogues, les chante, ils deviennent opéra, mélodie, slogan politique. Il saisit sa guitare, le public étonné découvre des petites chansons allègres ou tendres, les siennes, il gesticule et soudain s’agenouille, pendant qu’un paysage défile sur l’écran, il part à Rome retrouver son inconnue d’internet.Le spectacle sera bientôt terminé, un metteur en scène va l’aider à trouver un rythme. Le Film Indigènes sort sur les écrans, et suivi, le 28 juin par Un an de Laurent Boulanger, son dernier rôle, dans une adaptation du roman de Jean Echenoz. Une carrière qui se poursuit...

Jeudi soir, Yéau Terré Foulbé ou comment on met le feu au cinéma. Après le 1er programme de courts métrages goûteux, parmi lesquels le public a désigné Prozac Tango, le film de Michaël Souhaité, les quatre musiciens du chanteur peul guinéen, Yéro Bobo Bah, ont investi la scène et le public n’a pas tardé à se lever, emporté par des puissants rythmes métissés. L’Afrique du voyage, du coeur, des espaces sans frontières, servie par une voix unique et des Burkinabés tombés tout petits dans la musique, guitares, balafon, percus, batterie. Ici pas de quartier, jouer c’est joue, à fond, longtemps, c’est donner, c’est faire monter sur scène tous les frères, fils du continent noir, c’est dédicacer sa plus belle chanson à ceux qui font que Contis existe. Tard dans la nuit, seules les étoiles éclairaient les rues désertes qui menaient vers un autre jour.


 
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