Quand Fred Fort rencontre Ferré
Il a la gueule de l’emploi.Mais ce n’est pas tout. Avec ces cheveux comme des voiles de thoniers, Fred Fort ne fait pas que ressembler à Léo Ferré.Il l’a aussi connu, s’est imbibé de sa poésie et la fait revivre aujourd’hui, comme il y a cinq ans, avec Lorca, et Nougaro et le même complice à l’accordéon. Entouré du Violoncelle de Marie-Laurence Tauziède et du célèbre accordéon de Jésus Aured, il saluera à nouveau la mémoire anarchiste et mélancolique de Ferré, ce soir à la Luna Negra. Au menu, "amour, anarchie, tendresse et violence.Avec une mise en musique qui "fait froid dans le dos" promet-il. Et dans ce registre, il s’y connaît, en évoquant les morceaux choisis, depuis les plus connus, Avec le temps, C’est extra, aux "petits airs d’internationale" entre Ni Dieu ni maître et Les Anarchistes, jusqu’à la mer cavaleuse que louait le poète ou ses chiens, qui se "dérangent, et se décolliérisent" dans des textes ciselés qui font revivre les "oiseaux piaillant debout, chinés sous les becs de la nuit, avec leur crêpe de coutil, et leur fourreau fleuri de trous". Hommage aux "compaings du pain rassis", aux "frangins de l’entre bise, à ceux qui gerçaient leur chemise, au givre des pernods-minuit".Ferré voulait faire revivre les poètes oubliés, Aragon, Appolinaire, Verlaine, Rimbaud.Voilà que Fred Fort réhabilite ce bon vieux Léo auprès des jeunes, "ceux qui l’ont connu sur les disques de leurs parents".· Concert C’est Extra Léo Ferré dit par Fred Fort. Ce soir à la Luna Negra.20h30. Tarifs : 8 et 6 euros.
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