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Le JPB > Pays Basque 2006-06-24
De l’huile sur le feu du projet d’incinérateur
·Le conseil municipal de Donostia vote la construction d’un incinérateur dans le domaine de Landarbaso, une décision qui n’éteindra pas la polémique sur la gestion des déchets du Gipuzkoa et du bassin du Txingudi

La gestion des déchets est une question qui est source de polémiques là où elle se pose. D’abord parce que tout le monde n’est pas d’accord sur la façon de mener cette gestion et les méthodes à mettre en place. Mais surtout parce que les communes désignées pour accueillir les centres de traitement, d’enfouissement ou d’incinération ne veulent pas en entendre parler.

C’est le cas de Donostia, contrainte par les SIVOM du Gipuzkoa (à l’exception d’Irun et Hondarribia) de choisir un terrain pour construire un incinérateur qui recevra les déchets urbains de toute la province. Favorable au recyclage et aux solutions alternatives à l’incinération, la mairie donostiar s’y était refusée dans un premier temps, mais loi oblige: jeudi, le conseil municipal a dû trancher et l’a fait dans une ambiance très tendue.

Les riverains de la zone dite Igoin-Azpi, dans le domaine de Landarbaso station mégalithique aux portes du parc naturel d’Aiako Harria se sont rendus à la mairie pour montrer leur opposition au projet. Ils étaient accompagnés de représentants des associations écologistes et plateformes citoyennes qui luttent depuis des années contre l’"entêtement institutionnel du tout-incinération". La tension était telle, que la police municipale a dû intervenir et la session du conseil municipal a dû se poursuivre dans une autre salle.

Le maire de Saint-Sébastien, Odon Elorza (Parti socialiste d’Euskadi), a souhaité leur transmettre un message très clair: il ne veut pas d’incinérateur, ni à Donostia ni ailleurs, mais il doit assumer la décision des SIVOM, le centre d’enfouissement de San Marcos, à Errenteria, devant fermer bientôt. "Nous sommes conscients d’avoir perdu cette bataille. Pendant deux ans nous avons essayé de convaincre tout le monde de l’existence d’alternatives à l’incinérationŠ en vain. La décision de mettre en place un incinérateur à Donostia était prédéterminée: ça a été une décision politique", a-t-il lancé pointant du doigt le PNV.

Le "moins mauvais"

"Nous avons dû choisir le site le moins mauvais pour construire cet engin. Nous sommes au pied du mur. Nous allons voter sans liberté, obligés". Selon le responsable à l’urbanisme, Jorge Letamendia, le site d’Igoin-Azpi a été choisi parce que "c’est le plus éloigné du centre-ville". Certains élus socialistes ont voté Œpour’ en levant une main alors qu’ils se bouchaient le nez de l’autre.

PNV, EA et PP ont critiqué le maire donostiar pour son "retard" dans la prise de décisions, et aussi pour avoir fait un "usage politique" de cette question et "à son profit". Ils ont estimé que l’opposition à l’incinération montrée par Odon Elorza est un "refus de façade". Seuls les écolocommunistes d’IU ont voté Œcontre’ le projet, arguant que les alternatives à l’incinération n’ont pas du tout été examinées. L’élue Duñike Agirrezabalaga a évoqué les sites de compostage et les centres de production de biogaz comme des exemples de systèmes autres que l’incinération. Enfin, elle a posé une question qui n’a pas obtenu de réponse: "Les déchets ultimes de l’incinération, où iront-ils? Qu’en fera-t-on?".

Ce qui est sûr et certain c’est que la polémique sur les déchets n’a pas pris fin avec la décision de jeudi au conseil municipal. La nouvelle localisation a eu comme principal effet de mettre de l’huile sur le feu. Le nombre des possibles emplacements pour le centre incinérateur n’ayant fait qu’augmenter au cours de ces trois années, le nombre des opposants a gonflé de façon spectaculaire: il y a deux semaines, les riverains de Landarbaso regardaient de loin la question de l’incinération, un sujet qui désormais les interpelle de très près. La polémique ne fait que s’allumer.



Kotte Ecenarro : "Cette localisation peut nous intéresser"
Après l’approbation au conseil municipal de la localisation du futur incinérateur du Gipuzkoa, les études sur l’impact environnemental vont être lancées. Entre-temps, la Diputacion du Gipuzkoa a proposé aux mairies du Consorcio de Txingudi d’abandonner le projet de Zaldunborda et d’intégrer les communes gipuzkoar dans cette nouvelle initiative sur le site d’Igoin-Azpi, cette localisation se situant à dix kilomètres à peine du col de Gaintxurizketa.

"C’est dans ce nouveau cas de figure que le député général Joxe Joan Gonzalez de Txabarri nous a proposé de participer", a expliqué au journal Kotte Ecenarro. Le maire d’Hendaye estime que c’est une proposition "intéressante", même si "cela nous retarde. Nous étions à un mois de lancer l’appel d’offres", a-t-il affirmé. La participation d’Hendaye dans ce nouveau projet serait légale, cette ville étant intégrée dans le Consorcio. Kotte Ecenarro a d’ailleurs beaucoup apprécié le geste du député général qui a lancé une invitation expresse à Hendaye. "Les compétences dans la question des déchets relèvent des communes et des communautés de communes. Notre participation est possible en raison de l’appartenance d’Hendaye au Consorcio de Txingudi". De ce côté, pas de problème, mais "il faut voir si la proposition peut intéresser" a-t-il dit. Et de reconnaître que la proposition "peut intéresser".


 
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