On les appelle les Hirondelles
·Semaine d'animations consacrée à l'histoire des relations entre la Soule, la Navarre et l'Aragon
On les appelle les Hirondelles. Ce sont ces femmes navarraises ou aragonaises qui venaient à la grande époque de l’espadrille pour travailler dans les usines souletines. Les Hirondelles parce qu’elles arrivaient pour la saison, comme les oiseaux. À cette époque, Mauléon a compté jusqu’à 30 fabriques d’espadrilles sur son territoire. Du XIXe siècle au début du XXe, ces femmes ont emprunté ce qui est devenu le chemin des Hirondelles. Cette semaine, l’association Ainarak, les hirondelles, ressuscite leur mémoire. À partir de 1875, le manque de main-d’¦uvre locale est compensé par de la main-d’¦uvre saisonnière (des vallées voisines ou même d'Italie). Une main-d’¦uvre étrangère qui finit par représenter le tiers de la population urbaine de Mauléon au début du XXe siècle. Les travailleurs sont employés non seulement par les fabriques d'espadrilles mais aussi dans le secteur du bois. En explorant l’histoire des Hirondelles, Ainarak plaide pour un approfondissement des relations transfrontalières entre la Soule et les vallées navarraises de Roncal (Erronkari), de Salazar et la vallée aragonaise d’Anso Fago. "Ce sont des vallées qui sont toutes proches de chez nous" explique Viviane Barbe-Labarthe de l’association Ainarak. Les rapports que "nous entretenons avec elles ont toujours été un peu décousus". À travers cette semaine complète consacrée au sujet, l’association Ainarak compte bien "structurer ces liens" et pourquoi pas faire émerger des envies. C’est aussi une façon de faire reconnaître son action pour cette association qui agit depuis plusieurs années pour promouvoir les échanges entre les vallées voisines.
"Structurer des liens"
"Par exemple, nous avons invité hier soir l’association de femmes de Roncal, Gaztelu", raconte Viviane Barbe-Labarthe. Cette association de femmes s’est créée dans une vallée qui compte 1300 habitants. "Et nous?" interroge la responsable du projet, "nous sommes 13 000 à vivre en Soule et nous sommes incapables de créer une telle association". Toujours pour "structurer" les liens, Ainarak a programmé une journée entière vouée aux échanges institutionnels. Une dizaine de maires des vallées voisines seront présents demain. "Nous allons leur faire visiter la ville et goûter les produits locaux" annonce Viviane Barbe-Labarthe, "et nous avons également convié des élus souletins". Rien de très formel au programme donc, mais les notables se rencontreront. Le président de la Communauté de communes de Soule et une dizaine d’élus locaux souletins ont répondu présent à l’invitation. Au cours de cette journée, ils passeront sans doute visiter les quatre expositions qui sont installées à la salle Etxahun. La première est consacrée aux Hirondelles et elle a été réalisée par l’association Ikerzaleak; la deuxième est proposée par les élèves du lycée Saint François de Mauléon et revient sur la Guerre civile espagnole; la troisième conçue par le club aragonais Fendejo de Azuara retrace la vie du guérillero communiste Doroteo Ibañez; enfin, la quatrième exposition présente les ¦uvres du peintre céramiste Récalt. Le week-end sera consacré à des rendez-vous sportifs ou festifs enfin, pour ce qui est du programme de ce soir, Jean-Louis Davant et Alberto Angos évoqueront les liens entre le basque souletin et le basque roncalais. Les deux langues sont très proches mais le roncalais a disparu depuis 1995. · Renseignements 05 59 19 14 04
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