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Le JPB > Pays Basque 2006-06-08
Gerry Adams: "C’est le moment d’être courageux"
·Le leader du Sinn Féin, de visite en Pays Basque, a appelé à "ne pas perdre de temps"

Le leader du Sinn Féin, Gerry Adams, a encouragé le gouvernement socialiste de José Luis Rodríguez Zapatero à poursuivre ses efforts pour trouver une solution politique au conflit basque. De visite en Pays Basque pour rencontrer différents mouvements politiques, dont Batasuna, le PNV ou le PSE, le chef républicain irlandais a salué les déclarations réalisées mardi soir par le chef du gouvernement espagnol.

En répondant au chef du Parti Populaire qui a déclaré "rompues" les relations de sa formation avec le gouvernement socialiste, M.Zapatero a réaffirmé mardi soir devant les députés sa décision de "lancer un processus de paix". "Il y a des bases solides pour aborder un processus de paix. Un processus de paix qui n’aura jamais de prix politique", a déclaré M. Zapatero lors d’une intervention exceptionnelle et non prévue. Un tel processus "exige la participation de tous", a dit le chef du gouvernement qui a demandé au parti de M. Rajoy de "reconsidérer" l’emploi du terme "rupture".

Gerry Adams, a évité de faire la comparaison entre les conflits basque et irlandais, mais a souligné que le dialogue et la participation de tous sont "cruciaux" dans un processus de paix. Il a ajouté que le respect des droits politiques et démocratiques des personnes est un élément "clef" pour atteindre la paix. Accompagné du leader de Batasuna Arnaldo Otegi, le chef des républicains irlandais a précisé qu’il y a "d’autres questions" qui ont elles aussi leur importance, telles que "les victimes de la violence, la situation des prisonniers ou la démilitarisation", qui sont "des symptômes d’un conflit politique qui nécessite des solutions politiques". Il a ajouté que le processus requiert "des négociations politiques qui doivent démarrer le plus tôt possible".

Détermination de M. Zapatero

Après avoir insisté sur l’importance de la participation de toutes les formations politiques dans ce processus, il a applaudi la détermination du chef du gouvernement espagnol. Gerry Adams s’est adressé à M. Zapatero pour lui demander d’"être audacieux, d’avoir du courage et de ne pas perdre de temps". "Le processus sera compliqué et entraînera des enjeux et de la douleur pour certaines personnes, mais le plus correcte est de le mener à terme", a-t-il ajouté.

Interrogé sur la "rupture" des relations entre le PPet le gouvernement espagnol, Gerry Adams a préféré ne pas donner d’avis. Il a cependant souligné que "la construction de la paix est plus importante que les élections" et que la politique partisane. "Comment quelqu’un peut-il se refuser à parler?" a-t-il lancé.

Gerry Adams a constaté que la situation politique et sociale en Pays Basque est "meilleure qu’il y a un an" et a salué la "décision courageuse des militants de l’ETA" d’annoncer un cessez-le-feu permanent.

À Madrid

Gerry Adams a rencontré aussi le président du PNVJosu Jon Imaz ainsi que le secrétaire du PSE Patxi Lopez. Le chef du Sinn Féin s’est rendu aussi à Madrid où il a regretté l’attitude du PP, estimant que si les conservateurs britanniques avaient eu la même approche, le processus nord-irlandais n’aurait pas avancé. "Si le parti conservateur britannique avait eu la même approche avec le parti travailliste" en vue de l’accord de paix du Vendredi Saint en 1998, "le processus de paix en Irlande du Nord n’aurait probablement pas progressé aussi bien", a-t-il déclaré aux journalistes espagnols.

Il a estimé par ailleurs que la probable future légalisation de Batasuna serait "une conséquence naturelle" du processus de paix et que la société espagnole devait se faire à cette idée", rappelant que son propre parti avait lui aussi été "un parti interdit et censuré".



Le gouvernement espagnol poursuit le processus malgré la position du PP
Le porte-parole du gouvernement espagnol, Fernando Moraleda, a annoncé hier que le gouvernement ne fera pas marche arrière et que le processus de paix fera son chemin avec ou sans le soutien du PP. Cela dit, l’exécutif espagnol avoue que sans le principal parti de l’opposition, le processus devra faire face à "des difficultés ajoutées très importantes".

Fernando Moraleda a rappelé que le gouvernement a pris "un engagement avec les citoyens" et que pour cette raison M. Zapatero et son équipe "continueront de travailler pour qu’en Espagne il n’y ait plus de violence politique". Le porte-parole du gouvernement a estimé que le PPn’aurait pas dû se positionner contre le processus.

"Que ce soit pour une raison d’Etat, ou pour avoir eu l’expérience d’avoir tenté une négociation politique avec l’ETA", le PPn’aurait pas dû s’opposer à la démarche du gouvernement. "En 1998 ‹année au cours de laquelle l’exécutif de José María Aznar a entamé des négociations avec l’ETA‹, celui qui est aujourd’hui président du gouvernement avait apporté son soutien sans conditions" au Parti Populaire.

Fernando Moraleda a souligné que le gouvernement travaillera pour faire en sorte de "récupérer le consensus des démocrates afin d’atteindre l’objectif que tous les Espagnols souhaitent depuis des années : la fin de la violence".

Par ailleurs, José Blanco, responsable d’organisation du PSOE, s’est excusé au nom du parti pour n’avoir pas prévenu d’avance le PP de l’annonce réalisée par Patxi Lopez. Les contacts politiques annoncés entre le PSE (Parti Socialiste d’Euskadi) et Batasuna ont été le prétexte de Mariano Rajoy pour expliquer sa rupture. "Certes, on aurait pu prévenir M. Rajoy, mais notre erreur ne justifie d’aucune façon la rupture des relations décidée par le Parti Populaire".


 
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