Comme annoncé dans notre édition d’hier, le député maire de Bayonne Jean Grenet a exposé le projet d’implantation du géant suédois Ikea à Bayonne, un magasin de meubles et d’accessoires d’ameublement dont l’ouverture est prévue au printemps 2009.500 emplois directs sont prévus sur le site, dont la moitié pour le magasin Ikea et autant pour un forum commercial qui réunira d’autres enseignes, sous contrôle de la marque jaune et bleu qui compte déjà 90 000 salariés dans le monde. Un choix d’implantation qui a été décidé au siège suédois de l’entreprise au détriment d’une implantation à Irun. Entouré de quelques-uns des promoteurs du projet, Jean Grenet qui s’est déclaré "un peu fier", a donné le menu de cette opération en conjuguant ce dessein commercial au passé, au présent, au futur et finalement au conditionnel quant à sa réalisation.Les difficultés sont surtout des "étapes administratives à franchir" a indiqué hier le directeur général de Ikea France, Jean-Louis Baillot, selon un calendrier prévisionnel déjà défini (lire ci-contre). Quant aux terrains nécessaires, à cheval sur les communes de Bayonne, Mouguerre et Saint-Pierre d’Irube, idéalement situés autour du rond-point qui raccorde les autoroutes A63 et A64 et les trois villes, Jean Grenet a admis qu’ils appartenaient à "plusieurs propriétaires fonciers" qui n’ont effectivement pas été informés du projet (lire aussi édition d’hier).Le député maire s’en est expliqué en objectant "qu’on ne pouvait pas prendre de décision sans savoir qu’on était choisis".Le site dit d’Amentzondo sera classé prochainement en Zone d’aménagement concerté (ZAC), selon le v¦u du maire qui entend ainsi récupérer le foncier de préférence "à l’amiable avec les propriétaires". Avant des mesures plus radicales, évidemment.
"Sceptique"
De quoi laisser "sceptique" le président de l’association des propriétaires d’Ametzondo, André Doyhamboure, que le Journal a joint hier et qui faisait valoir "d’autres projets sur le site". Désormais, c’est avec le Syndicat d’Ametzondo qu’il devra discuter, syndicat présidé par Jean Grenet, créé par son père Henri Grenet et composé de huit communes, dont Saint-Pierre d’Irube et Mouguerre.Au présent, l’équipe est déjà au travail, a assuré le député maire de Bayonne."La première marche de l’escalier" précise Alain Iriart, le maire de Saint-Pierre d’Irube qui estime que "le match n’est pas gagné".Au futur, l’entreprise aux couleurs du drapeau suédois entend investir 80 millions d’euros dans un projet qu’elle maîtriserait à 100% sur une surface commerciale globale de plus de 55 000 m2.Au total, "8à 9 hectares" sont concernés dans un ensemble de plus de 22 hectares du site d’Ametzondo. Le groupe Ikea entend ainsi attirer une clientèle située "à 1h30 du site", à Pau, Dax, Pampelune et au Gipuzkoa.Une consolation pour les habitants d’Irun qui auront tout de même un magasin Ikea entre Bilbao et Bordeaux.
Le Groupe IKEA, dont le chiffre d’affaires s’élève à 14,8 milliards d’euros en 2005, possède 19 points de vente dans l’hexagone et souhaite en posséder une trentaine dans quelques années.
ENTRETIEN
Jean-Louis Baillot |
Directeur général Ikea France
« Il n’y a pas d’argent
public »
Pourquoi avoir choisi
Bayonne ?
C’est surtout par rapport à l’accessibilité du site que l’on nous a proposé. Il y a à la fois l’accessibilité et la visibilité qui nous permettent non seulement de faire un magasin Ikea mais aussi de l’accompagner commercialement avec d’autres enseignes. On a pu constater par le passé que petit à petit se développaient des enseignes dont on n’avait pas la maîtrise au niveau architectural ou au niveau de leurs qualités. C’est beaucoup plus intéressant pour nous et pour l’agglomération d’avoir le contrôle des gens qui accompagneront le développement de cette zone. C’est la raison pour laquelle on a souhaité maîtriser la totalité de cette opération. Maintenant que le projet est arrêté, je pense que les enseignes vont se manifester pour accompagner le développement de cette zone.
Ça a été la guerre avec
Ikea Espagne par rapport au projet d’Irun ?
Il y a eu de la part de nos amis d’Ikea en Espagne la volonté d’ouvrir un site de l’autre côté de la frontière. Il n’y a pas la possibilité de mettre un magasin à Irun et un autre à Bayonne. Le choix du groupe a été de le mettre à Bayonne. Cela a été difficile parce qu’ils ont été très actifs. Je pense que l’on a emporté la décision du fait de la qualité du site, et également du soutien que l’on a reçu de la part des politiques.
Y a-t-il des avantages
financiers à Bayonne par rapport au projet d’Irun ?
Je ne connais pas le prix du terrain à Irun, mais aujourd’hui, l’opération est rentable du côté de Bayonne. Il n’y a pas d’argent donné de la part du public. C’est un investissement 100% Ikea. Mais cela reste tout à fait raisonnable.
Pour les terrains,
comment allez-vous procéder. Vous n’êtes pas propriétaire ?
Aujourd’hui on n’est pas propriétaire des terrains mais comme l’a dit Monsieur le maire, on va créer une ZAC. Je pense qu’on va aller vers une négociation. L’intérêt de chacun s’est évidemment d’aboutir dans des délais raisonnables.
Et par rapport au
commerce local ?
Ikea n’a jamais causé de préjudice au commerce local. Au contraire. C’est une véritable opportunité puisque l’attractivité d’un magasin Ikea fait venir les gens d’ailleurs. Aujourd’hui ce que l’on peut constater c’est que les gens de Bayonne vont ailleurs. Pour les petits commerçants, c’est réellement une chance que Ikea s’installe ici.
Est-ce que, à Bayonne,
Ikea sera respectueux du multilinguisme, comme à Bilbao et à Barcelone ?
Habituellement en France on fait tout en français. Maintenant s’il y a des particularités régionales, on est tout à fait prêts à les respecter.
R. R.