Le Pays de la langue basque en français
·Après son succès en euskara, "Orhipean" vient d’être traduit dans la langue de Molière et bientôt dans celle de Shakespeare
Il se qualifie lui-même de "petite encyclopédie de l’âme basque". En effet, les thématiques brassées par l’ouvrage Orhipean, publié pour la première fois il y a quatorze ans, sont larges et décrivent la culture de ce pays sous bien des aspects, avec une place particulièrement importante du Pays Basque nord. Si le succès du livre a été total en euskara, la maison d’édition Pamiela de Pampelune, vient de franchir une nouvelle étape en sortant une version française d’Orhipean."C’est un livre charmant, messager de ce pays et qui permet de mieux le connaître", affirme Jose Angel Irigaray, responsable de Pamiela. "Il méritait d’être connu dans d’autres langues, car même si c’est dommage, on lit davantage en français qu’en basque ici", a-t-il expliqué hier à Bayonne. Les 120 pages du livre réalisé par Juan Karlos Etxegoien "Xamar", déjà traduit en espagnol, seront désormais accessibles en français, grâce au travail de Fermin Arkotxa, et dans quelques semaines en anglais aussi. L’avant-propos a été laissé aux soins de Mattin Irigoien, auteur notamment de pièces de théâtre. "Les ouvrages qui tentent d’embrasser le peuple basque dans son essence sont souvent condescendants ou folkloristes comme s’il y avait ici un mystère basque, des choses magiques ou inexplicables", commente l’auteur garaztar. "Or, ici, il n’en est rien. Le livre charme, il est fait avec amour et une grande connaissance de ce qui est raconté. Même si on croit déjà savoir, on apprend quand même quelque chose", ajoute-t-il. L’ouvrage veut toucher "les personnes qui viennent ici et veulent connaître notre pays" mais également tous ceux qui désirent se réapproprier leur culture. Orhipean, sous-titré Le Pays de la langue Basque dans sa version française, aborde tour à tour des éléments historiques (Les Vikings, les Francs, l’arbre de Gernika, Matalas, Dominique-Josep Garat...), sociologiques (la maison, les villages, les expressions populaires...), environnementaux (le monde végétal et animal...) ou encore mythologiques (les sorcières, les menhirs, Pierre de Lancre...). Le livre est richement illustré. "Les Anglo-Saxons font beaucoup de livres de ce type", explique Xamar. "Cela ressemble un peu à des livres pour enfants mais c’est aussi très instructif pour les adultes", ajoute-t-il. L’ouvrage est d’ailleurs recommandé aux élèves de sociologie de l’université de Deusto, à la faculté formant les enseignants à Pampelune, et il est même " l’un des livres les plus photocopiés dans les écoles". Orhipean comporte une multitude de références à la culture et à l’histoire du Pays Basque nord. "Les Biscayens me le reprochent souvent estimant qu’ils sont moins bien traités", sourit Xamar. L’auteur et enseignant est originaire de la vallée d’Aezkoa. Sa famille a toujours été tournée vers le pays de Garazi, bien plus que vers Pampelune. "Pour émigrer, les membres de ma famille partaient par Bayonne via St-Jean-Pied-de-Port, de même ils allaient travailler à Paris. Tout ce qui se fait de ce côté a toujours été une référence forte pour moi", explique Juan Karlos Etxegoien. La traduction du livre a aussi cet objectif de pouvoir atteindre la diaspora basque, "tous ceux qui sont partis et qui ont faim de savoir où sont leurs racines".
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