Les déclarations ministérielles, les rapports officiels, les projets de loi se multiplient qui vont tous dans le même sens : celui du poil d’une opinion publique, supposée inquiète et avide de sécurité. Le projet de loi modifiant le Code d’Entrée et de Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile (CESEDA) pour une "immigration choisie" interdit dans les faits le regroupement familial, multiplie les obstacles à l’accès au droit d’asile, facilite la venue des cerveaux au risque de piller le tiers-monde de ses élites. Mais notre ministre de l’intérieur ne se contente pas de ce projet de loi au cynisme affiché, il vient, par une circulaire du 21 février d’expliquer aux préfets et aux procureurs comment interpeller les étrangers en toute légalité, aux guichets des préfectures, dans leurs foyers logements et même dans le bloc opératoire d’un hôpital (1).
Le rapport BENESTI, remis récemment au premier ministre, remet en cause le secret professionnel des travailleurs sociaux, préconisant une culture du "secret partagé" sous la responsabilité des maires. Il propose d’organiser le suivi médical et social des enfants "qui présentent des troubles comportementaux" dès l’âge de trois ans. Big Brother n’est pas loin ! Il dénonce les familles où on s’entête à pratiquer "le parler patois du pays à la maison" (l’arabe, l’espagnol, le polonais... des patois?).
Une circulaire du Garde des Sceaux aux procureurs de la République leur donne l’ordre de contrôler les tribunaux des prud’hommes, supposés trancher les conflits du travail liés aux CNE (Contrats nouvelles embauches, grands frères des CPE) dans un sens trop favorable aux salariés.
Nous pourrions ainsi multiplier les exemples d’une politique qui fait peu de cas des libertés fondamentales.
Heureusement l’opinion publique réagit, et pas dans le sens que prévoyaient nos gouvernants. Toutes les générations se mobilisent aux côtés des jeunes pour s’opposer avec eux au CPE. Les travailleurs sociaux se dressent contre la remise en cause du secret professionnel. Sur Internet les pétitions se multiplient et rencontrent un réel succès : c’est ainsi par exemple que la pétition "pas de zéro de conduite pour les enfants de trois ans" (2) a recueilli à ce jour 140 000 signatures.
Face à ces attaques contre les droits de l’Homme nous voyons avec intérêt que nous sommes nombreux à être rentrés en résistance.
(1) on peut lire page 6 : "s’agissant d’un bloc opératoire, la cour de cassation a refusé de considérer l’existence d’une violation de domicile, le bloc opératoire n’étant pas assimilable à un domicile privé".
(2) pour cette pétition aller sur le site: www.pasde0deconduite.ras.eu.org