Les déclarations d’Arnaldo Otegi sur des "erreurs"de la gauche abertzale, un "bon signe" selon le PSOE
Des propos tenus par le porte-parole de Batasuna au journal catalan Avui ont été qualifiés par le PSOE comme étant un bon signe. Dans un entretien publié lundi, Arnaldo Otegi reconnaît des "erreurs" de la gauche abertzale, parmi lesquelles le fait d’avoir "transmis l’impression que nous voulions imposer notre idéologie politique" et d’avoir "donné à entendre que la souffrance d’autrui (leur) était indifférente et que la fin justifiait tout". "Cela a été une erreur évidente", affirme le leader de Batasuna.Le leader du Parti Socialiste basque d’Euskadi (PSE), Patxi Lopez, a accueilli favorablement ces déclarations, affirmant qu’elles allaient "dans la bonne direction". "Reconnaître pour la première fois la douleur des victimes, et la reconnaître comme une erreur sans l’avoir fait jusqu’à présent, reconnaître qu’on ne peut pas imposer ses idées (...), tout le monde peut conclure que c’est une avancée dans la bonne direction", a-t-il dit au cours d’une conférence de presse. "Mais de là à la légalisation, il y a un long chemin", a-t-il ajouté, assurant que pour cela Batasuna devait "accepter les bases et conditions de la légalité".
Légalisation de Batasuna
Interrogé sur la possibilité que Batasuna change de nom afin de redevenir légal, une hypothèse évoquée par le chef du gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero, Arnaldo Otegi répond par la négative. "Que nous soyons illégaux n’est pas notre problème. C’est facile: qu’ils nous légalisent", dit-il. Lorsque les négociations entre l’exécutif et l’ETA commenceront, "on pourrait se retrouver avec le paradoxe d’un gouvernement espagnol qui parle avec une organisation pratiquant la lutte armée mais qui ne pourrait pas parler avec une organisation politique qui ne pratique pas la lutte armée mais qui ne la condamne pas non plus", fait-il remarquer. À l’horizon 2025, le leader de Batasuna pense que le Pays Basque sera "un Etat indépendant, uni à l’Europe au sein d’une république fédérale". Dans le même sens, Arnaldo Otegi fait également référence à "l’Euskadi nord", c’est-à-dire les provinces du Labourd, de la Basse-Navarre et de la Soule, tout en rappelant la revendication d’un Département Pays Basque. En refusant de le constituer, Paris est selon lui "dans l’erreur, car il existe une majorité institutionnelle qui défend la création d’un tel département", assure-t-il. "L’Etat français a aussi un problème politique".
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