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Le JPB > Pays Basque 2006-05-10
Cahier de voeux à concrétiser rapidement
·Le Service d’Utilité agricole du Pays Basque vient de définir quelle agriculture il veut pour son territoire

Elus et collectivités publiques étaient tous invités à Aïcirits hier pour la présentation de la contribution du SUAT Pays Basque au projet agricole départemental (PAD). Ce dernier, dont la rédaction est prévue par la loi d’orientation agricole de 1995, n’a toujours pas vu le jour en Pays Basque et Béarn, ni non plus en Corse, les seuls mauvais élèves de l'hexagone. À cette occasion, l’antenne basque de la Chambre d’agriculture de Pau, a souligné le "caractère atypique" de l’agriculture de son territoire et a expliqué les axes qu’elle estime important de développer.

"Notre contribution a pour socle la Charte agricole du Pays Basque rédigée au sein de l’Instance de Concertation agricole et approuvée par l’ensemble des syndicats agricoles", a expliqué Jean-Pierre Goity, président du SUAT Pays Basque. Le document d’une douzaine de pages s’inspire en effet largement du travail mené en 2000. "Nous avons abondé la Charte sans la dénaturer", a précisé Jean-Pierre Goity. Dans un contexte de pression foncière grandissante, le SUAT prône ainsi la nécessité de liens entre les collectivités et les représentants de l’agriculture pour préserver les terres à vocation agricole. Il met aussi en avant le besoin d’améliorer les conditions de travail et de vie en agriculture afin de renforcer l’attractivité du métier ou encore d’encourager la reprise par des jeunes des exploitations sans succession.

Mutualiser les moyens

"Dans cette contribution, la nouveauté c’est aussi que l’on prend en considération ce qui se fait autour de nous par les associations en lien avec l’agriculture. Nous pensons qu’une mutualisation de moyens est nécessaire", a indiqué le président du SUAT.

Si ELB, qui avait participé à la rédaction de la Charte agricole du Pays Basque, n’a pas souhaité participer à ce nouveau texte, des associations comme Lur Hats (jeunes sans exploitation voulant s’installer) ou BLE (agriculture biologique) ont donné leur avis à l’organisme consulaire. Jean-Pierre Goity n’est pas contre l’idée de nouer des partenariats avec de telles structures. "Dans le cadre d’un relationnel serein et professionnel, et dans la mesure où les fonds se réduisent, la mutualisation et l’optimisation des moyens, c’est de ne pas refaire ce qui se fait déjà. Nous pourrions donc travailler ensemble si les uns et les autres le veulent", a-t-il avancé.

Le document rédigé par le SUAT va prochainement être validé, peut-être avant l’été, par la Commission d’orientation agricole départementale (CDOA) comme projet agricole du Pays Basque (le SUAT Béarn doit mener la même opération de son côté). Les décisions de politique agricole et de partage des aides devraient donc suivre la philosophie souhaitée par le SUAT, même si celle-ci manque de précisions quant à ces déclinaisons concrètes. "Cette contribution n’est pas un simple cahier de voeux Il y a une volonté affichée des différents acteurs pour que les propositions soient appliquées", a estimé Jean-Pierre Goity.

Le président de Lur Berri, Sauveur Urrutiaguer, a affirmé hier au Journal que la coopérative d’Amikuze ne vendait pas de semences de maïs génétiquement modifié dans ses magasins-dépôts. En effet, 50 à 70 tonnes de semences OGM ont été vendues par Monsanto aux fournisseurs du Sud-ouest, provoquant d’ailleurs l’action de 150 agriculteurs et faucheurs volontaires contre le site de Peyrehorade du groupe semencier vendredi dernier. "Nous ne fournissons pas de ce type de maïs", a déclaré le président Urrutiaguer. "Pas pour le moment", a-t-il ajouté en expliquant que si une demande émanait des agriculteurs, Lur Berri devrait la satisfaire. "Si on n’avait pas essayé la voiture, on serait encore à cheval", a plaisanté de son côté Jean-Pierre Goity, président du SUAT Pays Basque sur la probabilité que des cultures OGM puissent voir le jour en Pays Basque. "Je ne suis pas pour les OGM mais, pour savoir de quoi on parle, il faut que les expériences aient lieu, avec des mesures de précaution et l’aide de scientifiques reconnus", a-t-il déclaré.


 
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