Miguel Sanz a l’impression que Madrid et l’ETA ont un accord sur l’avenir de la Navarre
Le président de la Communauté Forale de la Navarre a l’impression que le gouvernement socialiste espagnol et les dirigeants de l’ETA sont arrivés à un accord sur l’avenir de ce territoire. Selon le leader du parti de la droite navarraise (UPN, branche locale du PP), l’accord atteint par Madrid et l’organisation armée consiste à créer une "institution commune pour gérer les affaires de la Navarre de manière associée avec les affaires de la Communauté Autonome Basque".
Selon Miguel Sanz, cette institution servira "à contenter les terroristes dans une première phase". Selon le président de l’UPN, d’autres pas seront faits ultérieurement jusqu’à ce que "la Navarre soit rendue à l’Euskadi". Dans ce sens, le président navarrais a insisté sur la demande de dérogation de l’article de la Constitution espagnole [Transitoria Cuarta] permettant de consulter la population de la Navarre sur l’éventuelle incorporation de ce territoire à la Communauté Autonome Basque. "Je n’ai pas peur du référendum", a-t-il souligné "mais je n’accepte pas qu’un référendum soit organisé parce que c’est l’ETA qui le demande". L’application de la Transitoria Cuarta n’a jamais été une revendication de l’organisation armée, l’ETA n’acceptant pas la légalité de la Constitution espagnole.
Miguel Sanz a rencontré hier après-midi le dirigeant du PP, Mariano Rajoy, lequel a déclaré que "jamais nous n’accepterons que la Navarre soit une monnaie d’échange pour quoi que ce soit; qui plus est, nous n’accepterons pas que l’on parle avec qui que ce soit du cadre politico-juridique de la Navarre". Mariano Rajoy avait demandé au gouvernement espagnol de ne pas s’avancer par rapport à l’ETA, en faisant un geste, tel que le rapprochement des prisonniers par exemple, avant qu’il n’y ait une "remise des armes". La réponse de l’exécutif de Madrid ne pouvait pas être plus claire: le désarmement de l’ETA n’est pas "nécessaire". Le secrétaire de la Communication du gouvernement, Fernando Moraleda, a expliqué que ce qui est "véritablement important maintenant" c’est que l’organisation armée "démontre qu’elle abandonne sa volonté d’exercer la violence". Après quoi, une phase de dialogue Madrid-ETA pourrait être ouverte, selon la feuille de route de José Luis Rodriguez Zapatero.
Le chef du gouvernement pourrait se présenter au Congrès en mai pour demander aux députés leur aval afin de démarrer ce dialogue, a par ailleurs annoncé hier la vice-présidence.
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