Le maire d’Hendaye ne veut pas de polémique avec les responsables de la Diputacion de Gipuzkoa, mais souhaite mettre les points sur les "i" concernant le projet d’agrandissement de l’aéroport d’Hondarribia [lire notre édition de samedi]. "D’abord, il faut dire qu’il ne s’agit pas d’un projet mais d’une idée", précise Kotte Ecenarro interrogé sur la question par le journal. La Diputacion de Gipuzkoa a proposé une extension de la piste de 300 mètres sur l’estuaire de Txingudi, vers le port de plaisance hendayais de Sokoburu, ce qui réduit fortement l’embouchure de la Bidassoa. "De notre point de vue ce n’est pas une bonne idée. Elle nous semble démesurée dans le sens où elle représente une réduction de près de 50% de l’estuaire de la Bidassoa", mais aussi parce que l’extension proposée par l’institution forale pose des problèmes de sécurité et environnementaux selon le maire d’Hendaye.
"De sécurité parce que, côté hendayais, cela suppose des survols à basse altitude de notre territoire. Nos concitoyens estiment déjà que les atterrissages s’effectuent à basse altitude", précise M. Ecenarro. Du point de vue environnemental, l’idée de la Diputacion "va probablement poser des problèmes de sédimentation et des problèmes de modification de courant, sachant que sur la sédimentation j’ai déjà moi-même alerté il y a quelques années mes collègues du Consorcio de Txingudi les maires d’Irun et d’Hondarribia sur le fait qu’on assiste à un encrassement, un engraissement, de la Bidassoa. Les pêcheurs de la Bidassoa nous le confirment", affirme le maire hendaiar qui évoque que "par le passé nous avions des dragages de part et d’autre de la frontière, il y avait deux ou trois bateaux espagnols et un français qui régulièrement draguaient la Bidassoa", ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.
Inquiétudes des citoyens
Toujours du point de vue environnemental, "il faut savoir aussi qu’au fond de la Bidassoa, sur le territoire d’Irun, il y a une zone naturelle. On ignore comment vont se comporter les éléments par rapport à cette zone de Plaiaundi", s’interroge le maire tout en rappelant d’autres nuisances. "Déjà on assiste sur le secteur du port de plaisance à une pollution due au Kérosène"."Je suis saisi de certaines inquiétudes des concitoyens et je note au passage qu’une association comme Txingudi écologie qui est toujours à critiquer, ne réagit pas sur un sujet qui concerne Txingudi", lance-t-il.
Tout en portant son opposition à la proposition de la Diputacion, le maire hendaiar affirme comprendre la démarche des responsables foraux concernant l’avenir de cette infrastructure. "Moi je comprends parfaitement que l’on poursuive une étude de développement harmonieusement économique de l’aéroport d’Hondarribia", estime Kotte Ecenarro. "La diputacion a raison de souhaiter un aéroport moderne. La Diputacion est dans une logique que je comprends" parce qu’outre-Bidassoa "il y a un aéroport par province, à Gasteiz, à Bilbo et un autre à Pampelune".
"À la limite, c’est économiquement bon pour l’Eurocité Bayonne-Saint-Sébastien et donc ce serait bon aussi pour le Consorcio économiquement parlant. Mais la présentation qui en est faite aujourd’hui me paraît encore une fois démesurée", insiste-t-il.
L’aéroport de Biarritz ne serait-il pas suffisant pour accueillir tout le trafic de l’Eurocité comme souhaité par le sénateur-maire Didier Borotra? "Vu du ciel, Biarritz est un endroit stratégique idéal pour des vols sur le secteur", concède le maire d’Hendaye qui souligne toutefois qu’il ne souhaite pas "déshabiller l’aéroport d’Hondarribia".
Un aéroport dont le trafic est par ailleurs contraint par des accords interministériels franco-espagnols. En effet, les appareils qui utilisent la piste hondarribiar envahissent la plupart du temps l’espace aérien de l’Etat français. Les traités, ratifiés par une commission mixte dite des Pyrénées le maire d’Hendaye a assisté à la dernière réunion qui s’est tenue en 2001, ne prévoient que 12 rotations par jour, c’est-à-dire 12 atterrissages et 12 décollages maximum. Ce sera peut-être le frein à l’extension proposée par la Diputacion.