Les Aberri Eguna annoncent le printemps du souverainisme
·L’Aberri Eguna célébré à Hélette, Hasparren, Garazi, Mauléon, Ustaritz et St-Jean-de-Luz
Cessez-le-feu de l'ETA aidant, les formations politiques abertzale prônent l'ouverture d'un nouveau cycle pour la souveraineté basque. Le abertzale ont célébré la journée de la patrie basque au nord à Hélette, Hasparren, Ustaritz, Garazi, Mauléon et St-Jean-de-Luz
Le printemps du nationalisme basque annoncé
Comme une préfiguration de la table de résolution politique. À l’invitation d’Abertzaleen Batasuna, nombre de partis et de syndicats ont échangé leurs points de vue sur les manières de décider un nouveau futur institutionnel au Pays Basque, dimanche matin à l’occasion de la célébration de l’Aberri Eguna, journée de la patrie basque. Jakes Etcheverry (LAB), Eustakio Uranga (ELA), Mikel Basabe (Aralar), Jose Iriarte Bikila (Zutik), Ramuntxo Camblong (PNB), Jean Lissar (Verts du Pays Basque) et Peio Etcheverry-Ainchart (AB) ont abordé les questions de référendum, de droits des peuples, de souveraineté, de construction nationale basque dans le cadre du nouveau contexte créé par le cessez-le-feu permanent décidé par ETA. En l’absence de dernière minute d’Eusko Alkartasuna et celle de Batasuna qui avait décliné l’invitation.
Peio Etcheverry Ainchart, porte-parole d’AB, estime qu’il faut appréhender avec souplesse et pragmatisme cette constitution de table des partis sur l’avenir politique du Pays Basque ETA et Madrid discutant des affaires militaires et de leurs conséquences. Et d’appeler sans plus attendre à "construire ce pays, en se dotant d’outils (comme la réunification des Udalbiltza, élus municipaux de l’ensemble du Pays Basque)".
Environ 300 personnes ont participé au meeting, et à l’hommage rendu aux militants d’Iparretarrak disparus à la fin des années 80, Maddi Heguy Uda et Jean-Louis Larre Popo. Une assistance allant en s’étoffant à l’approche du déjeuner.
Lors du meeting, Andde Sainte-Marie a rappelé qu’AB défend depuis 2003 la construction d’un "processus souverainiste non-armé asymétrique, seul à même de respecter les territoires [Communauté autonome basque, Navarre, Pays Basque nord, ndlr]. Le porte-parole a indiqué que ETA a "ouvert une fenêtre" permettant d’initier "une nouvelle ère de travail en commun" mais que "le cessez-le-feu, ce n’est pas la paix, nombreux sont ceux qui doivent décréter un cessez-le-feu". Le responsable politique bas-navarrais a en outre réclamé l’amnistie pour les prisonniers politiques basques, précisant que AB, mouvement souverainiste pour Euskal Herri dont l’action se situe en Iparralde a également des objectifs tactiques: comme la récolte de 46000 signatures pour la tenue d’un référendum dans les Pyrénées-Atlantiques sur la création d’un Département Pays Basque. "Allons-y gaiement, pour gagner!"
"C’est le printemps d’Euskal Herria, à chacun de nous de semer" conclut A.Sainte-Marie tout en lançant un inbido à Michèle Alliot-Marie "pour qui on peut désormais discuter de tout" et au Préfet avec qui AB a rendez-vous.
Multiples rendez-vous
Mais le dimanche de Pâques a connu bien d’autres rendez-vous abertzale en Pays Basque nord. Tout d’abord avec les rassemblements organisés par Udalbiltza (proche de la gauche abertzale) devant des mairies. Près de 100 personnes ont répondu à l’appel à Mauléon, 200 à Ustaritz, et 150 à St-Jean-Pied-de-Pord. Les conseillers municipaux Serge Harisgain et Battitta Amestoy en Labourd comme Lutxi Oxandabaratz en Basse-Navarre, ont lu en euskara et en français la même déclaration d’Udalbiltza appelant à "construire Euskal Herria en la considérant dans son ensemble". Les représentants d’Udalbiltza ont en outre souligné l’élaboration d’un "Plan de développement national" à Zarautz l’automne dernier, sous l’égide du Conseil national de développement, ainsi que "le travail mené autour de l’Accord démocratique de base" et "les nouvelles perspectives créées" par la décision de l’ETA, avant d’en appeler à la "responsabilité" de tous les acteurs socio-politiques du Pays Basque afin qu’ils se défassent de tout "partidisme". Et dans la voie d’une reconnaissance internationale de la nation basque, une pétition à destination de l’ONU a été signée, et l’invitation à diffuser et utiliser l’EHNA [la carte d’identité basque, ndlr] lancé.
La question des partis politiques était également au c¦ur de l’Aberri Eguna atypique organisé à l’initiative de jeunes du pays d’Hasparren. Pour s’en distancier, et revendiquer l’ambition unitaire de leur initiative car l’Aberri Eguna "est le jour de tous les citoyens basques, par-delà les idéologies et adhésions aux partis" a expliqué l’un des organisateurs. Une journée qui a réuni près de 500 personnes, elle aussi inscrite dans le sillage de la proposition lancée par le Conseil de développement national qui suggérait le slogan de Euskal herria nazioa pour cette célébration renaissante. Comme à Hélette et dans les rassemblements d’Udalbiltza.
Quant au PNB, il n’avait pas que son habituel rendez-vous biscayen. Plusieurs dizaines de personnes se sont réunies devant la stèle du lehendakari Jose Antonio Agirre dimanche en fin d’après-midi à St-Jean-de-Luz, pour célébrer les 70 ans du premier gouvernement autonome basque.
|